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Ah les bon vieux burgers de Planète Ambohijatovo…ça me manque des fois.

Le pain steak-frites, le ketchup rose coupé à l’eau, les pizza ultra-grasses, l’absence de THB. Sans parler des serveuses qui ne pigent pas qu’un “Coca GM” c’est un “Coca Zéhème”...

Planète c’est comme le CCAC d’Analakely. C’est un des points clés, que dis-je un “phare” des rendez-vous tananariviens. Une véritable institution.

“On se voit où ?”

“A Planète”.

Franchement, qui n’a pas déjà eu cette conversation ? ;)

Planète, c’est aussi une destination privilégiée du gasy d’andafy de passage à Tana.

Il y a quelque chose qui m’a frappé ces dernières années dans ce snack-restaurant, c’est la proportion de plus en plus grandissante de malgaches qui ne s’expriment pas en français mais en anglais.

Cette population d’individus est très variée : il y a ceux qui parlent pour se la péter et “faire genre”… mais tu décèles illico (i) soit l’accent gasy tena izy qui fracasse tes oreilles façon chat qu’on étrangle, (ii) soit l’accent français, c’est-à-dire les “reconvertis” ou “recyclés”.

Ils sortent des écoles français mais ont décidé d’étoffer le cursus aux USA, à Londres ou en Afrique du Sud, destination infiniment plus “tendance” que cette bonne vieille métropole.

Bon bien sûr, il y en a qui parlent vraiment un mot de français et qui ne parlent qu’anglais 100% et malgache, ils débarquent de polynésie, des USA ou d’autres pays exotiques.

Mais revenons aux recyclés. Parler anglais pour être la mode et faire “j’suis différent leisy baby e! Me milay be an !”… à quoi bon ?

Il y en a qui le font uniquement pour “boycotter” le français. Pourquoi boycotter le français ? Quel intérêt ? Pour boycotter la France ? C’est stupide. C’est comme renier ses origines.

Bien sûr, nos ancêtres ne sont pas gaulois mais je trouve chiadé que, passé une vingtaine d’années à apprendre et communiquer dans une langue devenue “maternelle“, on se reveille un beau jour et qu’on se dise : pu shì me hablas el francès anymore caramba ! (trad : je ne vais plus parler en français).

Pour ceux à qui ça pose problème, moi je dis que parler français, maîtriser la culture française n’implique pour autant “être français”. Petite anecdote.

Un beau jour, lorsque j’habitais encore en France, j’ai annoncé à mes collègues :

“bon les potes, faut que je file à la Préfecture, je dois renouveler ma carte de séjour ! tchô !”

Et là ils m’ont lancé une question en choeur : “Quoi ? T’es pas français ?!”

Moi : “Ben non hein…’suis malgache, de malgachie, l’île paumée dans l’océan indien, why ?”

Potes : “Bah j’sais pas on te connait depuis des années, t’as pas d’accent, t’as pas eu de difficultés à t’intégrer avec nous, t’adores la bouffe française, le fromage, le pinard, la bonne baguette, tu passe incognito dans le décor, tu parles même mieux français que nous ! Attends, c’est carrément toi qui m’aide pour mes dissertations !”

Moi : “Ouais, vous voulez  dire que comme je parle pas Wi Bwana Bamboula Va manzé du manioc j’étais français ? Rhoo le cliché!”

Potes “Ben wi on pensait que tu venais de la Réunion à la limite ou un truc comme ça quoi…”

Moi : “Ben non, ’suis un ‘ti malgache et fier de l’être :) . J’adore la France, son way of life, sa culture mais ma patrie je sais où elle est :)

Potes : “Attends mais t’as même pas la double nationalité ?”

Moi : “Nanan.”

Potes : “Et t’étais jamais en France auparavant ?”

Moi “Nanan.”

Potes : “Et tu penses pas prendre la nationalité ?”

Moi “Pourquoi faire ?”

Potes : “Bah t’auras plus à faire tes papiers, tu serais définitivement intégré, tu serais français comme nous !”

Moi “Mais y a pas besoin que je sois français pour qu’on soit potes non ? :)

Potes : “Non mais, c’est du gâchis quoi, ça me tue de me dire que tu vas pointer avec tous les autres réfugiés, exilés qui puent du slip et qui parlent pas un mot de français pour ton titre de séjour alors que t’es plus français que nous !”

Moi “On doit tous porter son calvaire! Mais c’est vrai qu’on peut pas dire que la France déroule un tapis rouge aux “élites” de ses anciennes colonies. Qu’y puis-je ? :)

Potes “Prends la nationalité ! En plus tu voulais faire sciences po ! et pis tu feras carrière et de la politique en france ! je voterais pour toi ! Yes, you can !”

Moi “Looool. Non, non c’est bon. Je pense qu’on a plus besoin de moi là-bas qu’ici :)

Surtout, ne pas être français me permet d’être plus objectif quelque part. L’amitié c’est dire ce qui va mais aussi ce qui va pas à ses amis.

Ainsi une connaissance française pestait ainsi au début de l’invasion de l’Irak “putain d’américains, ils respectent même pas l’ONU !”.

J’ai alors demandé “Ah parce que tu crois que la France respecte l’ONU toi ?”

Connaissance : “Ben wé, on est la France le pays des droits de l’homme ! On joue sur la scène internationale !”

Nj : “Ok. Alors explique moi pourquoi la France n’applique pas la résolution de l’ONU du  28 novembre 1994 disant que la France devait arrêter l’occupation de Mayotte ?”

Connaissance : (…..va sur google……lourd silence….)

Aujourd’hui, je suis donc rentré à Madagascar et pour beaucoup, je suis à la fois le plus beau rêve et le pire cauchemar que la France et les français aient pu avoir : je suis issu de son système, de son excellence académique, je suis le jeune petit malgache francophile cultivé avec qui on aime discuter et travailler. Je comprends vite. J’exécute vite. Je travaille bien, je travaille avec tout le monde.

Tu peux me parler de “Mobicarte” et de “forfait”, je saurais que tu parles de “recharge” et de “postpaid”. Tu peux me parler de “Paname”, je saurais que c’est “Paris”. C’est quoi un “taff”, un “tarpé”...ahem….

D’un autre côté, justement à cause de cette culture française, je n’ai pas peur de dire ce que je pense et de tirer un doigt d’honneur quand ça me chante, de remettre certains à leur place et de leur montrer avec une réflexion en bonne et due forme.

Quand le franchouilleux avec son complexe colonisateur lance du “va te faire sale petit malgache, tu te prends pour qui ?”, je n’hésite pas à lui donner du “suis chez moi connard de vazaha !  mada, tu l’aimes ou casse toi :)

Bien sûr, je n’ai pas l’évacuation médicale, l’assurance de la CFE…mais bon, je suis chez moi, je suis de chez moi et malgré ma “culture” porte à questionnnement, il est clair et net que je demeure…malgache, patriote et fier de l’être. (Mes paps’ sont clairs en tout cas)

Les “francos” (vazaha gasy) sont les gens comme moi. On est déclin par rapport aux gasy “anglos-saxons” certes, mais on a nos cartes à jouer.

On doit rester fiers de nos origines, de notre background français, nous sommes des élites à part entière du système et nous dirigerons ce pays d’ici une décennie. Nous ferons entendre notre voix et elle sera entendue. Il n’est pas question que nous restions sur le bas côté.

Je connais la France, je parle français et j’enverrais certainement mes enfants dans le système éducatif français.

Serons-nous pour autant les “chiens de la France” ? Non.

J’aime la France, j’apprécie les français mais…je sais où est la terre de mes ancêtres même si c’est une île à bananes peuplés de couillons :)

boston thb finday foza orana

“Le crime ne paie pas”…qui est l’idiot qui a bien pu inventer cette phrase ? Je l’ignore mais si je tenais ce bouffon, je lui dirais bien ma façon de penser.

Cette phrase, c’est pourtant une “morale”, une “valeur” qui apparaît souvent dans nos contes et dessins animés pour enfants, c’est ce qu’on nous inculque dans notre éducation…enfin la mienne en l’occurrence.

Bref, comme beaucoup d’entre vous, j’ai été élevé dans les valeurs “Walt Disney” de bonté, d’amour, de générosité, de solidarité….bref “I was Bambi”.

Bambi Nj dans la jungle tananarivienne où sévissent profiteurs, escrocs, voleurs, filles de joie, fonctionnaires véreux…c’est toute une histoire dont vous avez quelques anecdotes dans mes chroniques.

Il y a une série télévisée qui a bercée mon enfance “Tribunal”, vous connaissez ? Oui, ces procès qu’on mettait en scène dans un genre de théâtre télévisé. J’y comprennais pas grand chose mais j’aimais bien.

Plus tard, on avait droit à des séries “justicières” : Le Rebelle (Reno Raynes), Les Dessous de Palm Beach (hmm), Walker Texas Ranger, Matt Houston, Mac Guyver, L’Agence tous Risques….etc….

Toutes ces séries (américaines à part tribunal) prônaient des valeurs communes : la lutte du bien contre le mal, la justice.

Quelle stupeur pour le bambi conditionné à “l’État de droit”, de se voir confronté à “la Justice malgache”….

“Trop honnête, trop bête.”

Justice malgache…l’Injustice malgache serait le terme le plus approprié.

Avocats véreux qui font traîner les procès pour vous facturer plus, juges qui monnaient leur jugement contre espèces sonnantes et trébuchantes, greffiers qui jouent les intermédiaires, procureurs affamés qui mènent des opérations de racket avec des policiers ripoux…ouep pas joli à voir la “Boston Justice” pour rendre hommage à nos clopes nationales.

La Boston Justice, j’y ai été confronté dès ma plus petite enfance. Au collège, pendant la récréation pour être précis, un gamin d’une autre classe était en train de scander partout que mon père allait faire de la prison. J’étais furieux, je voulais lui casser sa gueule à cette enfoiré qui gueulait à tout bout de champ devant tout le monde :

“Nananèreuh, ton papa il va aller en prison ! C’est un criminel euh ! Nananèreuh !”

Mes parents aillant toujours la facheuse tendance de me tenir à l’écart de leurs affaires d’adultes, j’ai bien entendu été surpris de l’apprendre, jusqu’à preuve du contraire, mon vieux n’était pas un mafiosi.

En rentrant de l’école, je suis donc allé demander des explications au principal concerné qui m’a adressé une fin de non-reçevoir “mêles toi de tes oignons fils”. Tsss…tu fais chier.

Plus tard, adulte, je me suis renseigné sur cette affaire : il s’agissait d’un règlement de comptes politique, un politicien voulait se débarrasser de lui avec comme d’habitude un dossier bidon. C’est ça la joie des hautes sphères.

Mon père n’a pas été condamné et a été blanchi. Mis-à-part, les gardes à vue de la DGIDE, l’équivalent à l’époque de la Commission Nationale Mixte d’Enquête (CNME) de la HAT, il n’est évidemment pas allé en prison.

Cette histoire étant désormais classée pour lui dans “bonne vieille anecdote du passé”, j’ai voulu en discuter avec lui, qu’il me dise tout, comment il avait géré. Après tout, ça pourrait aussi m’arriver ce genre de situations.

Il m’a dit que le dossier était vide mais que le politicien en question avait graissé la patte du juge. Ce dernier lui avait d’ailleurs dit “Je sais bien que y a rien dans le dossier mais ce gars a pris toutes les dispositions pour vous foutre au trou”.

“Et alors, comment t’as fait ?” l’interrogeais-je.

“Bah, le juge m’a donné le prix de ce que l’autre allait lui donner, j’ai fait une contre-proposition. On a joué aux enchères quoi. J’ai fait l’offre la plus intéressante. Voilà.”

Décidemment pourris les juges dans ce pays…là où c’est plus glauque c’est que, vous saviez le sale gamin qui mouchardait dans la cour de récré ?

Je me suis toujours demandé comment il était au courant de l’affaire vu que même les médias n’ont en pas parlé…

Je l’ai su plus tard : le juge…c’était son père :)

Si je revois sa sale gueule celui là, je lui balancerais bien quelques piques sur son pourri de père…ou mon poing tout court.

Des histoires sur la Boston Justice, il y en a plein :

  • un soulard qui se jette sous les pneus d’un gars, la famille du mort qui fait chanter le gars “tu nous donnes tant de millions et on lève notre plainte” en graissant la patte des gendarmes pour falsifier les rapports….
  • un gars qui agresse et qui mord (si, si) ses voisins et qui est “relaxé au bénéfice du doute” malgré les témoignages et la belle marque de dents dans la chair des victimes…
  • une société pétrolière qui voulait recouvrer ses créances auprès d’une station service et qui voit ses comptes bloqués par le mauvais payeur qui a porté plainte et arrosé les flics…

Et dans le contexte actuel de perquisitions sans mandats pour piquer des sous aux familles, de militaires qui se prennent pour des Officiers de Police Judiciaire, de réquisitions au motif de trouver des armes mais où on emporte le 4×4, le ciment, le PPN…. il doit y en avoir de plus en plus.

J’aime bien cette anecdote de Nicolas Cage dans Lord of War :

On dit: “Le mal l’emporte quand les hommes de bien se croisent les bras” ce qu’on devrait dire c’est, le mal l’emporte.

Mais je ne finirais pas cette article avec cette citation, la Boston Justice, je compte bien y mettre un terme un jour, avec votre concours (rime).

J’ai quelque idées dans la tête pour ça mais elles sont tellement hardcore que la décence m’interdit d’en faire part sur ce blog.

Je vous livre quand même le concept de base : chez les individus, il y a deux facteurs qui peuvent les pousser à rester sur le droit chemin : la honte et la punition.

Dans un pays où “tout est bizness”, où tout se monnaie, où les juges, les flics parce qu’ils connaissent leurs pairs sont impunis. Dans ce pays, il n’y a pas de morale, il n’y a pas de honte, il n’y a pas de punition.

Après on s’étonne qu’on bafoue la Constitution, les lois, qu’on fait des coups d’Etat, que les investisseurs ne viennent pas...

La Justice est vitale pour la confiance des citoyens et des entreprises.

Pourquoi vivre dans un pays où n’importe qui qui va m’agresser et me voler restera impuni ?

Pourquoi investir dans un pays où l’on peut brûler et spolier mes biens en toute impunité ?

Voilà pourquoi il faut mettre en place ces mécanismes qui installeront une vraie justice à Madagascar. Pas le choix, faut y aller.

Ndimby nous livre, une fois de plus, une analyse très intéressante dans son dernier article “Merina et côtiers“. Il y parle notamment de l’éducation face au sujet ethnique :

Il faut reconnaitre que sous la colonisation, et même durant la première République, certaines régions comme celles d’Antananarivo ou de Fianarantsoa ont été favorisées par le système éducatif. (…)

Ce système centralisé hérité de la Colonisation créera une asymétrie entre Antananarivo et les provinces, ce qui privilégiait les habitants de la Capitale, et donc, surtout les personnes qui en étaient originaires. (…)

Cette inégalité de chance d’accès à l’instruction allait se ressentir dans la formation de ce qu’on appelle pompeusement « les élites », aussi bien dans le domaine politique, économique, qu’intellectuel.(…)

Pour Ndimby, il existerait donc une inégalité des chances entretenue sous la colonisation et qui expliquerait que les élites malgaches soient plus “merinas” que côtières. J’ai un autre point de vue sur la situation, beaucoup plus proche de la vérité mais politiquement beaucoup moins correct.

Il y a deux ans, en 2007, j’avais publié sur Madanight un texte extrait d’un livre que j’ai déniché à Ambohijatovo (rip Haja) intitulé : «  Dialogues Français – Sakalava » traduits par A.DANDOUA (1924) – Bulletin de l’Académie Malgache – Nouvelle Série – Tome VII – Années 1922-1923  - page 52.

Ce texte de propagande de l’administration coloniale française nous permet surtout de savoir qu’elle était la “vision” des colons français sur la question ethnique malgache et sur leur politique éducative.

Pour le contexte, il s’agit d’un discours de propagande pour “pousser les sakalava à aller à l’école car ils n’y étaient pas très enclins afin de contrer les ambaniandro (merina) qui, eux, étaient eux plus enclins à aller s’instruire et donc à réussir”.

Version française

Il faut que tous vos enfants aillent à l’école, aussi bien les garçons que les filles.  

Il faut envoyer tous vos enfants à l’école.  

Les filles apprendront à coudre, à raccommoder leurs vêtements déchirés et à les rapiécer.  

Elles apprendront à tailler et à coudre leurs vêtements, ceux de leur mari et de leurs enfants.  

Elles apprendront à tenir leur maison propre et en ordre, à bien préparer leurs repas, à bien soigner leurs enfants.  

Les garçons étudieront pour devenir fonctionnaires, et ainsi il n’y aura plus de fonctionnaires ambaniandro qui vous commanderont. 

Le Gouvernement désirerait avoir des fonctionnaires sakalava pour vous administrer, des médecins sakalava pour vous soigner, des interprètes sakalava pour traduire vos paroles, des sages-femmes sakalava expertes pour assister vos femmes, car vous ne voulez pas être assistés par des Ambaniandro, mais il n’y en a pas parmi vous.  

Il n’y a ni jeunes gens ni jeunes filles suffisamment instruits pour qu’on leur confie ces fonctions. 

Alors on vous fait administrer par des Ambaniandro, des Betsileo, des Antaimoro, des Betsimisaraka, car, dans ces tribus, on aime étudier, on aime à adopter celles de nos coutumes qui semblent bonnes.  

Obligez donc vos enfants à s’instruire pour qu’il n’y ait plus d’Ambaniandro qui vous commandent. 

N’ayez aucune crainte d’envoyer vos enfants étudier pendant trois à Analalava, car, là encore, ils sont en pays sakalava, en pays des Maroseranana, où commandait Tondroko, parent de Tsiaraso et de Binao vos anciens rois.  

Si vous suivez mes conseils, vous prouverez que vous êtes intelligents, que vous êtes toujours du nombre des tribus puissantes de Madagascar et que vous n’avez jamais été inférieurs aux Ambaniandro. 

Souvenez-vous bien que vous étiez autrefois plus puissants que ceux des Ambaniandro, qu’Andrimandisoarivo, qui régna sur toute la côte ouest, fut toujours en lutte contre les Ambaniandro. 

Vous vous souvenez qu’Andriamamelonarivo (Ravahiny) ne voulut jamais reconnaître la suzeraineté d’Andrinampoinimerina. 

Mais ensuite les Européens montèrent à Tananarive et instruisirent les Ambaniandro

Ils obligèrent les enfants à aller à l’école et cela rendit les Ambaniandro plus puissants.  

Les Sakalava, pendant ce temps, ne pensaient qu’à voler des bœufs, voler des femmes et des enfants ; ils ne songeaient pas à envoyer leurs enfants à l’école, et, finalement, les Ambaniandro vous foulèrent aux pieds.  

Les Ambaniandro envahirent votre pays, occupèrent Anoratsangana, Ambodimadiro, l’Ankarana.  

Et pourtant vous êtes des hommes comme eux, vous êtes aussi intelligents qu’eux. 

Aujourd’hui on ne peut plus lutter contre avec le sagaie, avec le fusil, on ne peut mesurer ses forces ; il n’y a que des luttes d’intelligence, sur le terrain des études pour s’instruire autant qu’eux et même d’avantage si c’est possible.  

Pour cela il n’y a qu’un moyen, c’est d’envoyer vos enfants à l’école. 

Et lorsque nous verrons que vous êtes décidés à envoyer vos enfants à l’école, nous en augmenterons le nombre parmi vous.  

Retenez donc bien mes conseils car ce sont les paroles du gouvernement, qui sont dictées par l’intérêt que je porte aux Sakalava que je ne voudrais pas voir inférieurs aux Ambaniandro. 

Et quand vous les aurez bien entendues, rapportez-les à vos parents, répétez-les à vous amis et à tous ceux qui n’ont pas pu venir ici, car elles sont vraies et dites dans votre intérêt.  

Elles sont dites pour vous ces paroles et dans l’intérêt de vos enfants. Qu’elles soient dans votre tête, gardez-les dans votre sommeil comme à votre réveille, aussi précieusement que votre escarcelle.

Version malagasy ici.

Outre qu’on aie un exemple éloquent dans ce texte de la politique coloniale du “diviser pour mieux régner”, on constate surtout que l’administrateur colonial avait vraiment envie de donner toutes leurs chances aux sakalava et naturellement aux autre peuplades “côtières” afin que ces derniers s’instruisent et occupent à leur tour les hauts emplois de l’Etat, les métiers prestigieux.

Après tout, priviliégier les mérinas, leurs “ennemis naturels” n’était absolument pas l’intérêt des français…mais ils devaient faire tourner la colonie avec les moyens du bord, donc avec les mérinas.

Il est donc clair que l’Administration coloniale n’a pas pu “maintenir” une inégalité des chances, au contraire, elle a tout fait pour équilibrer les chances des côtiers avec celles des merina, voire même d’après le texte, de favoriser les côtiers.

L’égalité des chances était là…maintenant pourquoi on a la situation actuelle ? Il faudrait peut être se rendre à l’évidence…

Si, (i) un siècle après cette politique incitative des françaisvisant à éduquer les populations côtières, (ii) 40 ans après des politiques éducatives menées par des Présidents “côtiers” et (iii) 7 ans après la politique éducative “ouverte” sur tout le pays (car plus de crédits :p) de l’administration de Ravalomanana… on constate en 2009 qu’il n’y a pas eu grands résultats…Il faudrait peut être arrêter de se voiler la face, non ?

L’évidence qu’il n’y a pas de déshérités ou d’inégaux de chances, pas plus qu’il n’y aurait désequilibre dans les moyens (infrastructures, professeurs).

L’évidence c’est qu’il y a peut être bien un facteur “ethno-culturel” qui veut que certaines tribus fassent l’impasse sur l’éducation. Qu’ils ne souhaitent pas apprendre, ou qu’ils ne peuvent pas apprendre. S’ils n’en voient pas l’intérêt et préférent vaquer à d’autres occupations, pourquoi les forcer ?

Bref, moi, après avoir étudié le sujet, et sans verser dans les discours supériorialistes, j’en suis arrivé au même point de vue que beaucoup d’étrangers qui ont habité et étudié le pays : si les merinas sont là où ils sont, c’est parce qu’ils s’en donnent les moyens.

Parler d’inégalité de chances, de l’impérieuse nécessité de faire de la “répartition ethnique”, non, pas d’accord.

Dans une vraie République, la méritocratie doit primer, on doit être là où l’on doit être pour son talent, pas grâce à sa naissance.

Ceux à Madagascar, et quelque soit leur origine ethnique, qui on passé leur vie à glander et fumer de la beuh et qui viennent se plaindre qu’ils ont droit à un seza juste parce qu’ils sont originaires de telle région moi je dis non.

Ce n’est purement et simplement que de la victimisation de leur part et une instrumentalisation de la question ethnique.

Quand aujourd’hui, au sein des armées, au sein des institutions de la République on ose lancer des discours comme : “nos chefs doivent être élus par nous mêmes et on veut un côtier, un point c’est tout” je me dis qu’on a vraiment atteint le fond du trou.

Andry Rajoelina a triomphé, il a tué la République avec sa Démocratie “par le peuple, pour le peuple” interprétée  stricto sensu par des gens trop contents de pouvoir accéder à des responsabilités sans avoir ce qu’il faut pour, et sur simple critère ethnique.

Aller faire de la soi-disante répartition ethnique des postes, ce n’est pas faire de la République ou de la Démocratie, c’est faire du “Fanjakana Baroho”.

liberation otages beslan

Libération d'enfants pris en otage par des terroristes à Beslan.

C’est l’histoire d’un type qui se fait agresser : des individus armés pénètrent dans sa maison, éliminent les gardiens, séquestrent ses domestiques et ses enfants. Le monsieur et sa femme ont pu prendre la fuite à temps dans l’espoir d’alerter les secours. Son épouse a ainsi échappé de justesse à un viol collectif par les gangsters.

Les bandits s’emparent du coffre fort, des voitures, des meubles et appareils électroménagers. Ils décident même de déménager et de s’installer dans la maison de ce monsieur car selon eux, cette maison leur appartient désormais.

Face à ces nouveaux chefs, les domestiques sont divisés :

  • il y a les taupes, c’est ceux qui se sont fait embaucher chez l’ancien maître de maison pour  faire de la reconnaissance et ouvrir les portes aux brigands. Ils mouchardent aussitôt aux bandits qui sont les fidèles du patron parmi les domestiques afin de les éliminer. Ils obtiennent en récompense une partie du butin.

  • il y a les autruches,  c’est ceux qui ont peur, ceux qui ne souhaitent avoir que leur karama (salaire) sans demander leur reste, qu’importe qui est le patron. Ils se taisent et obéissent sagement en priant pour que l’on arrête de casser les vases et qu’on arrête de tirer dans tous les sens.

  • il y a les canards, c’est ceux qui sont restés fidèles au patron et qui n’acceptent pas la nouvelle autorité forcée. Ils veulent que leur patron revienne et que ces voyous s’en aillent. Pour ce faire, ils font “coin coin” dans la cour de la maison, chaque jour que dieu fait. Les brigands furieux, font voler leurs plumes et leur sang avec des salves de plombs.

Les enfants eux aussi sont divisés en factions.

Il y a ceux qui étaient enthousiastes par l’arrivée de ces “Dalton”. En effet, ils s’étaient fâchés avec leur père car ce dernier ne leur avait pas offert la Xbox 360 et la Playstation 3. Ils s’étaient dits qu’avec ces types armés, ils pourraient peut être voir leurs caprices réalisés.

Malheureusement, les voyous ont fait trop de casse dans la maison et tué trop de gens, dont des enfants. Ils ont également dilapidé les bijoux et l’argent de la famille. Les consoles sont donc à oublier. La majorité de cette faction des enfants est extrêmement déçue par les agissements des bandits et se dit que finalement, leur père n’était pas si mauvais, au moins avec lui, ils avaient eu la Wii. Par peur de représailles, ils se taisent. C’est une majorité silencieuse.

Une autre faction des enfants, malgré le régime spartiate imposé par leur père, lui sont restés fidèles jusqu’au bout, ils ont même aidé les parents à s’enfuir. Ils s’élèvent avec les canards contre la domination forcée des bandits. Ils se  feront aussitôt enfermer dans la cave et battre à mort lorsque ces derniers leur mettront la main dessus.

Enfin, il y a les enfants qui, par haine viscérale contre leur père, se sont jetés dans les bras des bandits et se sont mis à leur service, prêts à prendre les armes si le paternel revenait avec des renforts.

C’est une histoire ordinaire, c’est l’histoire d’un type qui se fait braquer. C’est quelque chose qui peut arriver…et c’est quelque chose qui est arrivé.

Car oui, vous l’aurez deviné à votre lecture, ce petit conte ordinaire n’est tout simplement qu’un résumé de la situation actuelle à Madagascar.

Vous avez reconnu la figure paternelle (le Président de la République), les bandits armés (les putschistes HAT et TGV), la maison (la République), les gardiens (les militaires loyalistes), les domestiques (les fonctionnaires) et bien sûr dans le rôle des enfants…le peuple malagasy.

Je vous pose cette question, répondez-y en toute honnêteté :

  • Que feriez-vous si des bandits vous faisaient ce coup-là ?

  • Que feriez-vous si des types armés vous braquaient et squattaient votre maison en séquestrant vos gosses et vos domestiques ?

Honnêtement, allez-vous négocier avec ces criminels ? Genre :

“Ecoutez mon brave, je vous laisse le salon et vous me laissez la cuisine ? Non, n’insistez pas, ma femme n’est pas incluse avec les meubles !”

Vous imaginez-vous une seconde devoir gérer votre maison avec ces mafieux qui vous braqueront un flingue sur la tempe ?

Non, honnêtement vous ne feriez pas ça. Comme tout individu sensé, vous allez faire comme le monsieur braqué : alerter les autorités et vos amis et tenter de reprendre la maison, par la force s’il le faut.

Vous allez donc revenir aux abords de la maison et leur intimer de déguerpir par téléphone et par mégaphone.

Ces derniers, butés comme des ânes, refuseront de partir évidemment et vous provoqueront même :

“Amènes-toi si tu l’oses mon vieux ! On saura t’accueillir ! On y est, on y reste ! “

Encore une fois, dans cette situation, que feriez-vous ?

Vous vous imaginez attendre patiemment devant le portail en entendant qu’ils mettent tous vos meubles à sac, qu’ils égorgent vos fils et violent vos filles ?

Vous vous imaginez accepter que des flics indifférents -peut être de mèche avec les braqueurs- vous disent “Wait ma poule, Wait ! On peut encore négocier quelque mois…Patiente !” en imaginant le carnage à l’intérieur ?

Non, vous n’accepterez jamais ça, si les flics ne veulent rien faire, vous aller prendre un flingue et y aller seul ou avec vos amis et vous allez la reprendre votre baraque !

Alors messieurs dames les soi-disants diplomates, pseudo-démocrates, politocards raiamandreny, société civile à deux balles, à tout ceux viennent rabacher du dialogue et la réconciliation face à ces criminels….

Avant d’aller crier haro sur l’option armée, mettez-vous une fois dans la peau de ce type braqué.

Imaginez vous une seconde que c’est vous et là seulement, après avoir fait ce petit travail d’empathie et de réflexion, vous pourrez revenir donner des leçons sur la conduite à tenir quand ce genre de situation arrive.

Oui, ça peut vous arriver ! Et à ceux qui habitent à Madagascar, ça risque de plus en plus d’arriver…si ce n’est pas déjà fait.

Bonne réflexion.

brice

"Boomerang, boomerang, quand tu dis quelque chose ça revient vers toi!" (Igor d'Osgor)

“Les paroles s’envolent, les écrits restent.” a-t-on coutume de dire et cet article en sera une parfaite illustration.

Tout commence avec le dernier éditorial de notre cher elman “Qu’avons-nous de tout ça ?”.

Une chronique qui donne une photographie de la situation économique catastrophique de Madagascar après trois (3) mois d’émeutes/pillages par les pro-TGV suivies de trois (3) mois de dictature/répression post Coup-d’Etat par les mêmes personnes.

Sachant d’après ses écrits que l’ami Rahery travaillerait dans le domaine “Finances” pour la HAT, j’ai donc interpellé ce dernier. Après tout, il doit être le meilleur interlocuteur à qui s’adresser pour les sujets d’ordre économique. J’en profite d’ailleurs pour le rappeller à l’ordre sur certaines de ses “promesses/prédictions” :

De 7% à -0,2% (ndr: de croissance économique), les faits sont là. Elman a résumé dans sa chronique les effets concrets.

Vous nous parliez de “travailler” Rahery…Est-ça le résultat ?
Vous nous disiez que vous faisiez confiance à Ny Hasina pour assurer la reconnaissance internationale Rahery ? Où est-t-elle ?

#32 Nj a écrit le 16/06/2009 à 10:17

L’intéressé me répond donc par :

Je vous avais donné, non pas un calendrier, mais un délai NJ, j’ai dit 6 mois…. reprenez mes posts.

#36 Rahery a écrit le 16/06/2009 à 10:31

“Reprenez mes posts”, j’ai déjà entendu ça quelque part…. Du coup j’ai fait le choix qui s’imposait. Celà semble fou…mais je l’ai fait. J’ai repris les posts de Rahery…c’est édifiant.

En effet, c’est en relisant ses posts comme il me l’a conseillé que je me suis aperçu que Rahery était atteint de radotage compulsif où du moins d’une obsession de la “reprise de posts” en prenant au passage elman pour la boniche de service. Je cite :

J’ai beaucoup posté sur MN et les infos que j’ai passé – je les ai de sources sures- se sont réalisés. Demandez à ELman de remonter mes Posts. 

Et aussi :

Mais on travaille msié, sauf qu’on étale pas dans les journaux, ni sur le net non plus d’ailleurs.
Demandez à Elman de remonter mes posts( ou ce qu’il en reste), et vous apprendrez bien des choses.

 Bref, vu qu’on sait qu’elman est une grosse feignasse tout le temps occupée et je pèse mes mots :) La petite main est allée reprendre les posts de l’ami Rahery et en a extrait…de véritables perles…sans vraiment trouver ces fameux posts dont il parle.

 Par quoi commencer ? La liste est longue. Je dirais après mon étude que le père Rahery a plusieurs casquettes.

Rahery, c’est d’abord un fin politologue qui distille de précieux conseils :

Le problème des gens qui arrivent au pouvoir par la rue, est qu’en général, ils repartent par le même chemin

Le père Andry Rajoelina est donc prévenu… mais il ne s’arrête pas là, il précise le fond de sa pensée :

Ra8 est un président de la rue , il partira par la rue.

#45 Rahery a écrit le 19/02/2009 à 15:36 

Or, le problème c’est qu’un (1) mois après avoir écrit cette phrase, le 17 Mars 2009, le père Ra8 est parti…non pas par la rue mais par un coup d’Etat armé. La théorie de Rahery a donc du mal à se vérifier, mais il se rattrape :

Un seul fait. AUCUN président malgache n’a tenu après avoir ouvert le feu sur la population

#15 Rahery a écrit le 03/03/2009 à 10:41 

Sachant qu’Andry Rajoelina a fait tirer sur la foule pacifique à plusieurs reprises (lire Madagascar : Souviens-toi les mois derniers)…de deux choses l’une :

  1. soit sa théorie se vérifie et son idole Andry Rajoelina perd le pouvoir et lui son seza;
  2. soit sa théorie ne se vérifie pas et il passe pour un con qui déblatère des âneries.

Rahery, c’est aussi un juriste chevronné, la preuve, il déclarait en Janvier 2009 :

Faux… pour que le pays soit hors constitution, il faut proclamer l’état d’urgence et spécifier que la constitution est suspendue

#164 Rahery a écrit le 29/01/2009 à 14:04

Avant de retourner sa veste pour déclarer deux mois plus tard, en Mars 2009 :

De toutes façons, c’est propre à toute transition d’essuyer les critiques de partout, puique par définition un transition est HORS constitution.

#57 Rahery a écrit le 20/03/2009 à 08:47

Après la Politique, le Droit…Rahery s’est aussi attaqué à la Diplomatie avec des analyses très fines comme en Janvier dernier :

En tout cas, je peux vous dire que Ra8 fait l’unanimité … contre lui. Des français aux africains, en passant par les américains en particulier l’équipe Obama. Il ne lui reste que la Chine… et encore …

#72 Rahery a écrit le 22/01/2009 à 16:58

Ou en Mars 2009 :

Quant à la SADC, on s’en f…. ils ont la trouille qu’il arrive la même chose chez eux. Par contre, on a à rassurer les ricains

#53 Rahery a écrit le 20/03/2009 à 07:47

@NJ, juste un petit rappel, nous sommes en période de transition, et par définition, les pays comme les EU, certains membres de l’UE, appréhendent mal ce contexte. On sait que Ny Hasina fera du bon boulot

#9 Rahery a écrit le 24/03/2009 à 13:44

Que répondre à cet avis pertinent sinon :

  1. le communiqué de la Troïka de la SADC du 19 Mars 2009
  2. le communiqué de la COMESA sur la réunion du 7 -8 Juin à Victoria Falls
  3. le communiqué du 20 Mars 2009 du Département d’Etat des Etats-Unis d’Amérique
  4. le communique du 7 Mai 2009 du Parlement de l’Union Européenne

Et quand on sait que la phrase “On sait que Ny Hasina fera du bon boulot” à propos de la reconnaissance par l’UE a été écrite il y a déjà trois (3) mois…vous comprendrez que j’émets des réserves sur ladite qualité dudit travail… :)

Remarquez, il a été prudent, il a écrit à la même période :

Quand aux esprits avertis, je leur laisse leur opinion, pour ma part, je suis plus optimiste qu’eux et en tout cas on travaille en ce sens. Je leur donne rendez-vous dans 9 mois. Et on espère les surprendre

#12 Rahery a écrit le 19/03/2009 à 08:05

Effectivement, il leur reste six (6) mois pour “espérer nous surprendre”. Ceci à quoi je répondrais par une citation de Rahery lui-même dans un de mes articles :

L’espoir fait vivre mr NJ. 

Babazy (Rahery) 16 avril 2009 à 1:01

Bref, Rahery le dit lui-même, il est en quelque sorte le Monsieur Entreprise/Secteur Privé de la HAT, respectueux de la loi, des protocoles, de la bonne gouvernance :

Les gouvernants sont la pour réguler pas pour s’approprier(..). Il faudra traiter tout celà de manière juridique et non pas en loham-boto.

#12 Rahery a écrit le 19/03/2009 à 08:05

Il est vrai que Messieurs Benja Razafamahaleo et Andry Rajoelina n’essayent absolument pas de s’approprier la société d’hydrocarbures Galana. Le communiqué du Service Communication du MFB de la HAT est explicite : “Mr Rahim n’a qu’à céder ses parts pour un franc symbolique à l’Etat. L’Etat se fera un plaisir de redresser cette entreprise.”

Non c’est vrai, il sont vraiment pas là pour s’approprier…Rahery l’a dit.

Je passe sur les arrestations/interrogatoires des Directeurs de Galana sans aucun papier légal, aucune preuve, et j’éviterais soigneusement d’évoquer l’affaire de la Supérette ALMA de Monsieur Ramaroson, l’Hypermarché de Vohidiala, les perquisitions arbitraires chez les KARANA,  …

Mais non, il n’y a pas de loham-boto, à la HAT tout le monde est soucieux du “ara-dalanà” c’est connu, c’est l’évidence même…

Multi-tâches, Rahery, sait aussi endosser la casquette militaire, du moins le béret (rouge capsat naturellement). Ainsi en Janvier il écrivait :

Depuis quand, des militaires gardent une station privée, et tuent en plus. Si c’était la RNM, c’était encore concevable, encore que …

#66 Rahery a écrit le 26/01/2009 à 14:44

D’une part, des militaires qui gardent des biens privés (sièges d’entreprises, centre commerciaux….) c’est légion actuellement…et oui, ils tirent et ils tuent. Les pillards de Tanjombato, d’Anosizato, d’Ankorondrano en savent quelque chose.

S’il n’est pas convaincu, je l’invite donc à essayer de jeter un molotov chez Viva sans être transformé en passoire….

Les paroles s’envolent, les écrits restent… Pour ma part, six mois de Rahery et de Rajoelina en 2009 me suffisent amplement à me faire une idée de la performance…et je crois que le peuple qui beugle sur son pouvoir d’achat et qui essaye de se barrer à l’étranger aussi….

“Le mieux est l’ennemi du bien.” dit-t-on. A chercher mieux que Ra8, on a trouvé la HAT. Sauf que, comme le suggère le dicton, le mieux n’est pas forcément le mieux, au contraire, le remède est souvent pire que le mal.

Et quand on lit que la HAT se positionne dans la catégorie des looseurs à savoir “moins pire que Ra8″ :

mais comme dit Andry, on ne fera pas pire que l’autre taré

#9 Rahery a écrit le 24/03/2009 à 13:44

Et qu’on observe leurs résultats au bout de trois mois…

On se dit que finalement l’autre taré n’était pas si mal…. :)

Avereno Papa Pingoo ? :)

antananarivo-taxi

Quand je passe devant une certaine aire de stationnement, je ne peux pas m’empêcher de me remémorer cette vieille anecdote et d’en rire… de “mon ancienne vie de piéton”.

Imaginez le décor : c’est l’hiver, il est dix-huit heures, je suis au beau milieu d’un parking du centre-ville avec pour seul vêtement un short et un t-shirt…et pas un rond en poche. Y en a qui sont déjà morts de rire dans l’assistance :)

Qu’est-ce qu’il foutait là le Nj ? Comment en-est-il arrivé là ?

La tenue d’abord. Elle tient au fait que je n’avais pas encore bien assimilé le concept de “l’hiver tananarivien”. A savoir que ce n’est pas parce qu’il y a du soleil et qu’il fait chaud le jour que tu ne vas pas crever de froid le soir.

Je retiens l’épisode comme une très bonne leçon de météorologie….qui m’a appris par la suite à toujours me trimballer avec un pull.

Maintenant, pourquoi j’avais pas un rond ? Tout simplement parce que j’étais tombé sur une” fille du pays”, j’étais encore très jeune… donc très con…. :)

Elle m’avait bien baratiné il faut dire :

“j’ai perdu mon téléphone, mes parents vont me tuer…Nj, tu veux pas m’en acheter un ? Il me faut  exactement ce modèle là sinon ils vont s’apercevoir que je l’ai perdu ! Steuplééééé!!! (sourires et yeux implorants)”.

Et qu’est-ce qu’il a fait le Nj pour les beaux yeux de la demoiselle ?

Hé ben il a parcouru toute la ville l’animal ! Il a pris toute la putain de journée pour trouver un foutu téléphone en particulier dans lequel il y a mis tout son “budget vacances”.

J’ai parcouru la ville à pied et si mes souvenirs sont bons j’ai fait quelque chose comme : Ambohijatovo->Analakely->Behoririka->Antaninandro->Antsahavola->Antaninarenina-Anosy->Ampefiloha->Analakely->Ambohjitavo->etc…

Mes connaissances à qui je raconte l’histoire m’arrêtent alors :

QUOI ? T’as parcouru tout ça ? Et à pied ?! Naann ?!! Oh my gode !

Bah oui hein, je n’ai pas toujours eu la voiture moi, alors fallait bien marcher ou prendre le bus. Et là, soudain, deuxième interjection :

QUOI ? Nj tu as déjà pris le bus ?! Naaan!!! Tu te fous de nous là ?!!!

Là, je commence vraiment à me questionner sur l’image que mes “amis” ont de moi. On dirait qu’ils ne s’imaginent pas une seconde que j’ai pu, un jour dans ma vie, marcher à pied et prendre le bus comme le commun des mortels lol. Effrayant.

Bref oui, les petites ruelles de Tanà je connais et pour votre information j’ai une très grande expérience du strapontin de 2 cm qui fait bien mal au cul et des buxi ambiance et senteur sardine. Passons.

J’ai donc tout fait question boutiques : MasterComm, DL Com, Caca Comm…et j’ai fini par trouver le Saint Graal.

Je lui demande donc de me retrouver sur ledit parking dans l’après-midi, je lui offre le “cadeau”, elle est très contente et d’un coup me lance :

Woaaah, c’est trop gentil. Tu m’achètes du crédit ? :)

A cette époque, je n’entendais pas les “Rou, rou” (roucoulement du pigeon) dans ma tête. Allez, hop, une recharge “ANTARIS” et ça repart. Que ne ferait-t-on pas pour le bonheur de l’être aimé ?

Comme il se fait tard, chacun se décide à rentrer chez soi, elle en premier…c’est là que le Nj s’aperçoit qu’il vient de mettre ses derniers sous dans ladite recharge…Damn it.

Oui, c’est avec ce genre d’anecdote que vous comprenez mieux l’origine de l’expression “DMA” (Dans la Merde Aujourd’hui) que j’ai popularisée :)

Dieu merci, il me restait un peu de crédit pour appeler mon meilleur pote au secours.

Trente-minutes plus tard, il arrive.

  • “Yo Boris !”
  • “Yo Vladimir!”
  • “T’as des sous ?”
  • “Nan…enfin avec le bus que j’ai pris là il me reste mille francs. Ca va ?”
  • ” T’as du crédit alors ?”
  • “Nan plus, j’ai tout utilisé pour te rappeler.”
  • “Mais qu’est-ce tu fous là alors ?”
  • “Ben…J’ai pu appeller GolfMan avec mon fixe!”

Trente minutes plus tard, GolfMan à la rescousse, débarque accompagné de sa femelle :

  • Yo Golfman!
  • Wesh les mecs ! Yo Yo !
  • T’as de sous ?
  • Nan
  • T’as du crédit ?
  • Nan
  • T’as la voiture alors ?
  • Nan
  • Ben qu’est-ce-tu fous là alors ?
  • Bah..j’sais pas on m’a dit de venir alors je viens.

Les potes en fait ça sert à rien…mais c’est toujours plus sympa d’être en galère à plusieurs. Le blème c’est qu’on commençait vraiment à se les cailler, surtout moi avec mon look “vamos à la playa but il fait 2 degrés”.

Staiphe, la copine de GolfMan nous lance alors qu’elle habite pas loin si on veut passer la nuit…mais vu les regards qu’elle me lance en douce depuis qu’il me l’a présentée, j’ai préféré décliner l’offre. Vraiment, chelou les filles du pays….

Pas le choix, il fallait que je rentre chez moi et récupérer un minimum de cash (je n’avais pas de carte de crédit à l’époque SVP) …donc option Taxi.

QUOI Nj ? Tu as déjà pris le taxi ?!

Rhoo, c’est pas bientôt fini le cliché sur moi oui ?

Bon, il a fallu qu’on se chope celui qui avait les vitres qui ne fermaient pas…c’était super de rouler une dizaine de kilomètres avec le vent  glacé qui rentre dans la voiture avec un mince t-shirt comme couverture…..

Bien sûr on a eu droit à du “ça va être plus cher” tous les 2 km….tsss… mais bon une fois à la maison, j’ai raqué, pas le choix faut y aller.

Juste que comme il avait remarqué mon côté gasy d’andafy, il s’est permis de me lancer un :

“‘nga tsy ampina cadeau ramose  ? lavitra be aty an  :D “.

Sans commentaires…

foza orana tgv

C’est l’histoire d’une connaissance qui déjeune avec des collègues dans un restaurant du centre-ville.Au cours de leurs discussions, ils évoquent notamment les évènements tout récents à l’époque du 7 février à Ambohitsirohitra.

Soudain, deux connasses parfaitement inconnues assises à l’opposé de la salle, se lèvent et se mêlent à la conversation :

“Qu’est-ce que vous racontez là ?!!” interrogent-t-elles toutes énervées ?

La connaissance répond calmement :

Je disais que c’est dommage ce qui s’est passé là haut. Ils n’auraient pas dû forcer le barrage, il y avait d’autres solutions. C’est du gâchis de vies humaines…toutes ces petites gens…

Aussitôt les grognasses lui répondirent, et en français :

TA GUEULE ! MAIS TA GUEULE ! T’ÉTAIS PAS LA ! TA GUEULE ! IL Y AVAIT PAS QUE DES GUEUX LA BAS ! J’Y ÉTAIS ! ALORS TA GUEULE !

Voilà, c’est ça la “démocratie selon les foza orana” (pro-TGV, pro-HAT) : j’ai le droit de parler, j’ai toujours raison et toi si t’es pas d’accord tu fermes ta gueule.

Les foza excellent dans l’art du “fais ce que je dis, pas ce que je fais” :

  • Quand les TGV ont droit aux lacrymogènes et aux équipements anti-émeutes non mortels, les autres ont droit à des mitraillages au fusil de guerre ;
  • Quand les TGV ont le droit de manifester sur la place de la démocratie et de déborder sur le 13mai avec des pillages, les autres ont le droit de se prendre des balles de kalashnikov pour avoir manifesté pacifiquement dans le jardin ;
  • Quand les TGV ont le droit d’envahir des Ministères à Anosy pour faire un coup d’État, les autres ont le droit de se prendre des balles de 7,62 AKM pour déposer une simple requête au Tribunal ;
  • Quand les TGV ont le droit de donner des hectares de terre à des intérêts français, les autres sont considérés comme des traitres à la nation pour avoir voulu louer des terres aux coréens ;
  • Quand les journalistes TGV ont le droit d’appeler au meurtre et à la violence sur VIVA, les autres se font emprisonner pour…rien du tout.
  • Quand les TGV ont le droit de tout piller et brûler parce qu’on ferme leur radio, les autres ont le droit de…rien du tout.
  • etc……

C’est pourquoi l’article de Ndimby A. “Œufs cassés pour belle omelette improbable” me fait légèrement tiquer car il y explique qu’il y aurait ô ciel, des foza….intelligents ? J’en doute.

Avant le coup d’État, je me rappelle que j’essayais de discuter avec les “pro-TGV” et “anti-Ra8″, les foza quoi, les comprendre, les raisonner…après tout Ravalo avait ses défauts et l’on pouvait comprendre qu’il y ai des mécontents….quelle perte de temps.

J’ai finalement compris que le foza était con et borné, qu’il ne sert à rien de discuter avec.

Autant, j’avais décelé ces qualités dans certains extrêmistes TIM, autant avec les foza ont peut observer de la pure connerie en barre, de la mauvaise foi en béton armé.

S’il y a le “foza de base” qui s’acharne sur les forums avec ses “ta gueule” et ses “kindikelkechose”, une sous-espèce de foza peut également être aperçue sur les forums : le foza forybe (fourbe).

Le foza forybe adore se faire passer pour soit-disant “neutre” et soi-disant “objectif”. Ne vous laissez berner par son camouflage, cela reste un gros foza.

Une parfaite illustration est un foza sous le pseudo de “trimobe”, spécimen observable scientifiquement sur les éditos du site Madanight.com.

Le trimobeus forybeus a pu être observé en train de se livrer à une activité bien fozaéenne du “fais ce que je dis pas ce que je fais” alors qu’il se prétendait neutre, objectif. Marrant à voir.

Ainsi, quand on publiait les photos de la libraire Haja abattue à Ambohijatovo par les milices TGV, notre trimobeus se la ramène, crie au scandale,  et parle “d’exploitation des images”, de propagande pro-Ra8.

Votre serviteur lui rappelle donc qu’on ne la pas vu condamner l’exploitation des images des morts du 26 janvier et du 7 février sur certains sites (Mairie CUA, Madagate) et même dans les communiqués journaux de la HAT.

Et puis, le voici, qui s’en prend à Topmada, un site qui dérange vraiment les fozas par son professionnalisme et la qualité de ses informations. En clair, ils  tapent là où ça fait mal…et dans les règles de l’art.

Je cite le trimobeus :

Je suis désolé Elman mais topmada (comme madagate d’ailleurs) est le type même de média qui milite clairement pour un camp pour être digne d’être cité comme source d’information fiable.

Bref, Topmada c’est de la propagande et l’info c’est pas fiable…sauf que le trimobeus lance des sources à lui comme…le Nouvel Observateur.

Franchement, un papier qui pond des articles comme “Le président malgache annule la cession de terre à Daewoo” où il appelle le putschiste Andry Rajoelina “président” tout court et ne fait aucune mention du coup d’Etat, de la transition, de la non reconnaissance…c’est sûr que c’est neutre et fiable comme journalisme….Je ne prononce même pas les mots “professionnalisme” et “éthique”

Donc encore une fois, on ne va pas se faire berner par des foza même sous leurs discours sophistiqués. Ils ne méritent pas la discussion, il ne méritent pas le dialogue.

Tout ce qu’ils méritent c’est un bon “TA GUEULE!” comme ils aiment faire, et du plomb dans le postérieur…comme ils aiment faire.

De toute façon, ils ne comprennent que ça.

Alors messieurs d’andafy, messieurs les GTT, vous qui enfarinez/oeufisez Mialy Rajoelina, qui tomatisez Rinah Rakotomanga, je vous dis :”BRAVO  ! CONTINUEZ COMME CA !”

Ces tout ce que les foza méritent. Et si jamais vous passez du côté de Vaulx-en-Velin, pensez à faire un détour pour observer du trimobeus :)

En résumé, “un âne reste un âne”, il ne sert à rien de discuter avec des foza.

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« J’aime les filles de mon pays » chantait il y a plusieurs années notre Henri Ratsimbazafy national.

Ceci dit, avec le temps….elles ont beaucoup changé les filles de mon pays… mais comme on dit il faut savoir s’adapter avec son temps.

Dans la chronique précédente, j’évoquais en une phrase ce côté très marqué  « matérialiste intéressée » que nos jeunes voyageurs d’andafy ne manqueront pas de remarquer chez les donzelles du pays.

Hé oui, quand tu débarques d’andafy mon fils « tu pues l’euro » et ça bizarrement elles le sentent (les mendiants et les parasites aussi d’ailleurs).

Les filles du pays font une nette différence entre les mecs gasy du pays (viande rance) et les mecs d’andafy (poisson frais).

Depuis que je me suis établi localement, j’ai clairement pû constater que me suis fait classer dans la catégorie “Canigou 1er Prix“.

Ainsi par exemple, j’ai rappelé une  fille du pays que j’avais rencontrée quelques années auparavant pendant les vacances et qui semblait avoir flashé sur moi :

  • « Hey salut ! C’est Nj, comment tu vas ? »
  • « Bien! Alors, t’es de passage pour combien de temps ? »
  • « Tu savais pas ? Je suis rentré définitivement. »
  • Bip. Bip.

Elle avait raccrochée direct lol.

Un autre exemple, des potes m’emmènent dans un karaoké et se mettent à draguer les filles à la table d’à-côté. Moi, je reste dans mon coin et les filles semblent assez farouches.

L’un des potes lance “Hey ! Have you met Nj ?” qui ne fait littéralement aucun effet aux nanas. Puis, d’un coup il rajoute “Il est pas d’ici, il habite à l’étranger, il est juste de passage pour les vacances.”

Et là stupeur! Leurs yeux s’illuminent, y a marqué “Y€$” dans leurs pupilles, elles envoient chier les mecs de l’autre table qui les draguaient aussi.

“Comment tu t’appelles déjà ? Moi c’est Natacha !”

“Moi c’est Mino ! Tu habites où ? As-tu une fiancée ? As-tu de gros billets ?”

Bref, vous l’aurez compris. Ne plus être « de passage » diminue fortement votre mojo (attractivité).

Pour elles ça retire le côté aventure de vacances et surtout ça doit leur fait penser « il s’est fait expulser, il a plus un rond donc je détale comme un rat. ».

J’ignore ce qui leur passe dans leur tête aux filles de mon pays, enfin si… le calcul mental :

« pigeon habitant en France veut dire pigeon qui peut prendre la nationalité et m’emmener loin de ce pays de merde. Une fois que j’ai la nationalité je le quitterais pour un vazaha une fois là-bas ». Glauque.

Ce qui me sidère c’est la récurrence de cette phrase que mes connaissances aussi bien mâle que femelle ne cessent de me balancer :

« Nj, tu n’es pas un mec avec qui on couche, tu es un mec avec qui on se marie ».

Nj, la tête du gendre idéal ? Peut être, mais c’est pas vraiment un avantage.

En parlant de mariage, les filles de mon pays, elles aiment vivre dans le monde Narnia.

Pour l’anecdote, j’avais dit à une ex, -qui était ma copine de l’époque- que j’allais rentrer à Mada, que je repartirais plus tard peut être pour le Canada.
Quelques jours après, lors d’une discussion sur MSN, une amie commune me lance :

« C’est vrai ? Tu vas rentrer à Mada ? Et puis parait que tu vas aller au Canada prendre un appartement avec X. que vous aller vous marier et vivre ensemble? ».

Putain, heureusement que je lui ai pas dit à la greluche que j’avais gagné 10 EUR aux cartes à gratter « Black Jack » sinon elle m’aurait carrément fait passer pour James Bond dans Casino Royale hein.

Oui, les filles de mon pays voient très loin surtout pour se la péter auprès des copines « qui ont pû partir à l’étranger » et faire oublier la frustration « d’être restée au pays ».

En parlant de copines, les filles de mon pays, elles aiment bien m’exhiber….à leurs copines.
Elles aimaient notamment insister sur le fait que j’habitais à l’extérieur : « Lui c’est mon mec, il habite à ville-de-France ! ».

Et les copines de balancer « ouah la chance !» avec comme arrière pensée :

« ah la veinarde de grosse salope ! Elle s’est trouvé un pigeon pour se tirer ! ».

Le « pigeon d’andafy » est une espèce très recherchée pour son principal avantage : outre son compte en banque correct, le temps qu’il soit en France et avant que les choses deviennent plus sérieuses (mariage et départ à l’étranger) la fille du pays peut batifoler avec autant de branleurs malgaches qu’elle veut.

Jadis, je l’admets j’étais un pigeon, aujourd’hui c’est un petit peu avec amusement que je constate que les filles du pays m’ayant proposé des escapades avaient souvent un pigeon en France « qui vient pour les vacances parce que je n’ai pas changé d’adresse ». David ? Oh oui Jonathan !

Revers de la médaille, j’en ai souvent des éplorées sur les bras qui me balancent l’histoire habituelle « il est venu pour les vacances, il a dit que c’était la dernière fois qu’il repartait, qu’il rentrait me retrouver après, mais arrivé là-bas il s’est marié avec une autre ».
Bah oui ma poulette, tu crois vraiment qu’il allait se mettre avec quelqu’un sur qui le tout Tana est passé ? Là, c’est moi qui suis glauque. Gomen.

Pour l’anecdote, quand une connaissance (divorcée) vous lance :

  • « Tu sais Nj, ce n’est pas avec mon salaire de 400.000 Ariary que je vais avoir le train de vie que je veux. »
  • « Ah bon ? Alors tu fais comment ? »
  • « Je me fais entretenir par 4 mecs ».
  • « Aoé mama ! »

Je vous rassure, et qu’on ne m’accuse pas de généraliser : toutes les filles au pays ne sont pas comme ça.

Des fois, il m’arrive d’en rencontrer des différentes, ce sont les filles qui m’étonnent toujours lorsqu’à la fin du repasn elles me lancent « on fait moitié-moitié ? »

Ou encore celles qui ne me demandent pas par un moyen ou un autre de leur offrir un « cadeau » pour avoir le « passaze chéri ? ».
Hé oui mon fils, en France c’est naturel, ici c’est super-naturel. Sam ? Dean ?

Elman a qui j’avais conté mes déboires amoureux jadis, m’avait conseillé d’aller chercher de la chair fraîche à l’église, son lieu de cul culte préféré.

Hmm, pour me retrouver avec une nunuche qui « veut rester vierge jusqu’au mariage » et qu’au moment venu tu t’aperçois que le pot de yaourt Tia est déjà troué…no thanks, j’ai déjà donné.

Tiens en parlant de virginité et de mariage, les filles de mon pays ne manquent pas de culot et leurs parents ne sont pas loins d’être taxables de “proxénètes”….
Oui mon fils, tu n’échapperas pas au « mila atao ny raharaha » sous-entendu « hey mon salaud ! t’as goûté la marchandise alors tu passes à la caisse ! » lorsque tu emmèneras une fille du pays chez toi et que t’auras pris un abonnement d’au moins 3 mois.

Et tu ne pourras évidemment pas leur répondre « mais heu m’sieur… la marchandise était déjà entamée par un autre qui l’a laissé dans l’étalage…».

Une fille de mon pays qui me poussait au mariage après à peine trois semaines avec elle m’avait carrément balancé :

« Il faut qu’on se marie avant d’aller plus loin ! C’est mon rêve de petite fille ! ».

Vu que le pot de Tia était déjà ouvert par un autre, je lui ai gentiment répondu :

« Mon rêve de petit garçon c’était de me marier avec une fille vierge alors tu vois avec toi j’ai renoncé à ce rêve. Faut savoir faire abstraction ma poulette. »

Hé oui, les filles du pays entament très tôt le kilométrage d’heures de vol.

Que d’amusement que de voir ces jeunettes de 14-16 ans papillonner jusqu’à leurs dix-neuf ans et qui se payent le luxe de t’envoyer sur les roseaux parce que t’es pas assez BBB (Branleur Branché BMW).

Et puis à l’orée des vingt-deux ans, on ne sait pas trop pourquoi « il faut impérativement une histoire sérieuse, qu’elles se casent ». Les copines aussi se marient alors il faut faire de même.
Oui mon ami, tu as toi aussi observé cette vague furieuse de mariages vers les 20-25 ans. Pression sociale.

Bref c’est à cette période, après qu’elle se soit faite tromper/larguer par le BBB qu’elle pense à toi ami pigeon. Toi, qui t’es pris un râteau quelques années auparavant. Elle te rappellera.
Sauras-tu refuser c’te proposition fumeuse ? Moi oui, elles s’en mordent les doigts.

Ouech ouech mon fils, on peut aimer les filles de son pays…mais quand même… ça donne à réfléchir.

Henri…si tu savais…tes filles…où on se les met?

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Il y a maintenant quelques années que je suis rentré à Madagascar, je me rappelle pourtant de cette époque où je n’étais qu’un “gasy d’andafy” (malgache de l’étranger) de passage pour les vacances au pays.

Dans cette nouvelle catégorie d’articles, je couche sur le papier électronique mes pensées et anecdotes de cette époque…Chronique d’un Gasy d’Andafy.

Je suis devenu gasy d’andafy lorsque j’ai quitté Madagascar à l’adolescence, je me rappelle toujours ce pot de départ où une connaissance de mon père, complètement ivre m’avait lancé :

Hips ! Nj tu pars à l’étranger maintenant !  Burps…Tu vas représenter l’image du pays ! Fais honneur à Madagascar ! Beuuarrgll….

“Causes toujours….C’est quoi l’image de la Nation vieux con ? Ton vomi sur mes pompes ? Connard….” pensais-je dans ma tête.

J’avais pas envie de partie, de quitter mon île à bananes, j’y avais mes amis…et mes amies.

Bref, Vox Nj n’étant pas Vox Dei, je suis parti dans un pays “riche”, profité de l’opulence et de l’insouciance qu’offraient ces terres, nouvelles à l’époque.

Intégré évidemment la diaspora malgache qui, à l’époque, se gargarisait de “national malgachisme” (gasy ka manja, tiako vita malagasy…etc) et qui se retrouvait pour les évènements sportifs “malgaches”…seuls moments où on se rappellait un peu d’où l’on venait, notre origine.

Cet oubli devint un problème pour mes parents qui constatèrent que déjà sale acculturé, je commençais de plus en plus à oublier la langue, les coutumes…. Ils me firent donc un brusque rappel à l’ordre :

Nj ! N’oublies pas que tu es Merina ! N’oublies pas que tu es Andriana !

A l’écoute de ces paroles, j’étais choqué, sonné. Je pensais mes parents modernes, ouverts…je découvrait une autre facette d’eux. Il faut dire que j’avais tendance à vouloir être ami avec tout le monde…ça ne passait pas.

Je ne me rappelle pas qu’à Mada mes fréquentations, le clivage merina-côtiers, andriana-andevo aient posé problème…. Au lycée à Mada j’avais pourtant des potes vazaha, karana, chinois, cotiers, merina, c’était pas un problème…

Mais bon c’est ça l’effet Diaspora.

Je passe évidemment sur la logique de compétition mise en place par nos parents : “Le fils de X. va faire telle série, il est premier de sa classe, il va faire prépa! Faut que tu fasses mieux Nj !”… Bah quand j’ai des super notes vous êtes jamais contents alors…

C’était mes premiers pas dans la réalité de la vie adulte au sein de la société malgache. On m’apprenait les bases : être snob et jouer à j’ai la plus grosse.

Histoire que je n’oublie pas d’où je viens justement, mes parents décidèrent de m’envoyer au pays. Hasta las vacaciones…tout seul.

L’arrivée à l’aéroport fût déroutante : connards de porteurs non désirés qui t’arrachent littéralement ton chariot quand c’est pas ton sac, taximens qui te harcèlent à tout bout de champ “hep taxi missié ! missié taxi!” et évidemment le bain de foule au niveau de la porte de sortie façon zombies de Resident Evil.

Ils me repéraient vite avec ma gueule de bambi où y avait littéralement marqué “gasy d’andafy représentzzzz”….

Autant tu peux voyager tout seul comme un chien en Europe, autant t’es bien content que quelqu’un vienne te chercher à Ivato pour te guider dans c’te jungle.

Une fois dans la voiture, il faut se réhabituer aux poussières de terre rouge, aux fumées noires de gasoil des taxi-be, à l’encombrement et aux déjections des charrettes à bœufs, à ces putains de nids-de-poule…c’est cauchemardesque mais c’est ce qui fait le “charme du pays”.

Ce qui y a de bien au pays, c’est les potes…et les cousins.

Les potes d’ici savent toujours très bien t’accueillir, te sortir, t’amuser. Même si le plan maskita+THB à 67Ha ou faire le branleur à Analakely est  d’un classique pour eux, ils feront quand même l’effort de te faire découvrir à toi qui ne connaît pas et ainsi te faire passer de bons moments.

Bien sûr, avec le temps, tu t’apercevras que dans la bande, y a des profiteurs :

“Nj, tu payes l’essence ? Oui, 200.000 Fmg ça ira pour faire Ambohijatovo-Analakely. Ben oué elle bouffe ma caisse.”

ou encore les :

“Oh Nj j’ai plus de cash pour le droit d’entrée ! On est juste…Quinze ? Ca va !”

Sans compter les regards fuyants quand tu lanceras au resto “on partage la note ? :D

L’autre truc bien au pays…c’est les filles. J’en parlerais d’ailleurs dans un autre article. Juste qu’elles sont un chouïa matérialistes mais bon, tant que t’as les euros, tout va bien cousin nan ?

Bien sûr, euros que tu devras aller changer au black à Antsahavola en prenant le risque de te faire braquer le slip mdr…

Bref, “Dudez, Bebex and Girlz” voilà le schéma-type du “revy gasy” de l’andafien. C’est super, jusqu’à ce que l’on soit de nouveau confronté aux réalités malgaches.

J’étais en train de manger un sandwich avec les potes à Planète Ambohijatovo, quand soudain un vieux tout sale et en haillons s’approche de la vitre extérieure qui nous sépare. Il se met à lorgner sur mon pain…s’approche le regard livide…et tout d’un coup il cogne la vitre avec ses deux mains…je sursaute….le type avait l’air affamé, à bout, fixant toujours ma bouffe….il reste comme ça cinq minutes puis repart.

Je me suis précipité aux toilettes, j’ai tout gerbé…et je ne suis plus arrivé à manger quoi que ce soit pendant au moins trois jours. Les images sont restées dans ma tête pendant des semaines.

“Qu’est-ce qui m’arrive ?” me demandais-je, j’avais pourtant l’habitude de ça avant…mais c’est vrai, c’est là que j’ai réalisé qu’avec l’éloignement j’avais oublié un peu tout ça.

La seule chose à faire c’est de prendre sur soi et de supporter. C’est à ce moment-là que je me suis dit “il faut que je fasse quelque chose pour ce pays”, on ne peut pas vivre heureux si tout le monde autour de soi est miséreux et malheureux. No we can’t.

Il y a des gens, notamment des étrangers, qui se disent en me voyant envoyer balader des mendiants que je ne suis qu’un “sale petit bourge n’y connaissant rien aux réalités malgaches”.

Qu’est-ce qu’ils en savent de ce que je suis ? De ce que j’ai dans ma tête ? De ce par quoi je suis passé ? Ce à quoi j’ai réfléchi avant d’adopter cette attitude ?

C’était à cette époque que j’ai commencé également à réfléchir à ces problématiques de pauvreté, j’avais entre autres distingué la pauvreté malgré le travail et  la pauvreté dans l’oisiveté.

Alors quand un mendiant de cinq ans te jette au nez un billet de 500 francs en te disant “tsy ampy! pendant que d’autres se crèvent le cul au taff et ne bouclent pas la fin du mois…non, il y a une distinction à faire dans les pauvres. Il faut savoir se montrer sans pitié avec certains.

“Ce qui ne te tue pas, te rend plus fort” (Nietzche). J’ai du passer par bien d’autres épreuves que cet épisode de la vitrine de Planète. Bien plus glauque.

Ça doit être pour ça qu’au bout de ces années, j’apparais si cynique et si froid.

Une connaissance qui m’avait vu débarquer pour mon retour m’avait lancé en me voyant il y a quelque mois :

“Nj, ton visage à changé, il est plus dur, marqué…on dirait que t’as mûri…”

Ouech, elman me confirme, c’est ce qui se passe quand tu vis ici…

vaovao-gazety

Le commentaire du jour est signé par une certaine “Fayolle” dans mon article “Coup d’Etat à Madagascar : un caprice français ?” , je cite :

Je suis effarée par votre racisme anti Français.

Hélas pour mes très nombreux AMIS Malagaches, et les enfants ds hauts plateaux , à qui j’avais plaisir de rendre visite (même si il n’y a ni eau , ni électricité)je crois que je serai incapable de retourner à Mada.

J’irai au soleil à Maurice.(personnellement, le vais kaire des économies.

QUE PENSE CARITAS INTERNATIONNAL DE VOS PROPOS ?

J’ai toujours été d’accord avec les français qui pensaient “Si t’aimes pas la France, casse-toi”. C’est vrai, la France est aux français, les étrangers doivent s’y comporter correctement et ne pas se comporter en terrain conquis.

Par contre, bizarrerie franco-malgache, l’inverse n’est pas compris, ni accepté.

Les étrangers d’origine française à Madagascar pour une bonne partie se croient vraiment en pays conquis (n’est-ce pas Monsieur Olivier Peguy ?) quand ils ne se prennent pas tout simplement pour des missionnaires civilisateurs (n’est-ce pas Monsieur Sylvain Urfer ?) ou des saints bienfaiteurs humanistes dont le malgache doit louer le nom chaque jour que dieu fait pour les 10 euros de dons bisannuels (n’est pas Madame Fayolle ?).

C’est sûr que le cliché du vazaha garé en moto devant le Glacier d’Analakely et qui beugle sur sa pouffe au téléphone “OUAIS T’ES OU P**** ?!! BORDEL ÇA FAIT UNE HEURE QUE JE T’ATTENDS SAL***! “ en pleine rue n’aide pas à leur donner bonne réputation.

Vous imaginez un malgache sur l’Avenue des Champs-Elysées gueuler “FA AZAY ELA RY KIND**** TY A ?!!”. Direct au poste et Charter à mon avis “oh mais dis donc le petit malgache tu te crois où là ? allez direction bamako !”

Pour ma part, j’ai juste crié dans la rue “CHUI LA POV C**!” depuis la rive opposée où je me situais avant de m’en aller en le voyant complètement cassé qu’un malgache ose lui répondre comme ça.

En général, ça se passe plutôt comme la fois où le cousin d’une certaine connaissance se fait rentrer dedans par un vazaha qui n’avait pas la priorité du côté d’Antanimena : le frenchouillard sort de sa caisse et lance :

“PU*** DE SALE PETIT MALGACHE ! TU SAIS PAS CONDUIRE ! NON MAIS C’EST TOUS DES C*** CES MALGACHES !”

Et l’autre bille qui dit rien, qui reste dans sa voiture, qui s’écrase, alors qu’il n’était pas en tort.

Fallait balancer un bon “Fisy dé pity!” mon fils. Du moins, c’est ce que j’aurais fait mais tout le monde n’est pas un rebelz francisé comme Nj.

Ah nan mais ouais, c’est carrément grossier de chez grossier le français qui se croit chez lui à Madagascar.

Quand il est pas arrogant comme chez GH Madagascar, c’est généralement un mafieux qui traîne des casseroles depuis la métropole notamment dans l’immobilier (voir ici et ici).

En parlant de l’immobilier justement, comment ne pas penser que les intérêts français ne sont pas mêlés quand certains de ses ressortissants, mafieux immobiliers, s’immiscent dans la politique malgache et deviennent même “bras droit” de Andry Rajoelina, le citoyen français qui a fait un coup d’Etat à Madagascar (Bob Denard serait fier de toi fils!)

L’imagette en en-tête de l’article est un journal-tract diffusé dans les rues de Tanà, un document intéressant y est révélé, je vous le livre, en partie censurée.

raid-sur-tana

Je ne ferais pas de commentaires, le document dit ce qu’il veut dire. Il aurait été rédigé pendant la crise de 2002….

Bien sûr, tous les français ne sont pas comme je les ai caricaturés dans cet article.  Beaucoup veulent juste rester vahiny tranquille dans leur coin à explorer les grottes locales (au sens propre comme au sens figuré :) ).

Mais ce qu’il faut retenir, c’est la Vérité sur le racisme anti-français à Madagascar:  c’est que tous les malgaches ne sont pas racistes contre les français, au contraire, ils aspirent à devenir amis avec ces derniers.

Le problème c’est que certains prennent toujours le malgache pour le larbin, la pauvre cloche de service, qu’ils le rabaissent, qu’ils convoitent ses terres et sa femme, qu’il ne traite pas le malgache comme son égal…chose paradoxale au pays de l’égalité et de la fraternité….

Et lorsque le Gouvernement français appuyé par des hommes d’affaires français et des binationaux se mettent à organiser des coups d’État et des dictatures dans notre pays qui aspire à la tranquillité et au progrès…ça n’aide pas vraiment “l’amitié entre les peuples”.

Voilà la Vérité qu’elle est vraie…même si pour certains, elle n’est pas bonne à dire ;)