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Référence du module : EC01

Titre du module : Principes du système politique du Royaume d’Anésia

Date de création : 5 Mars 2014

Enseignant : Capitaine Karen IJANY, maître instructeur à l’Académie Républicaine de Police d’Anésia.

Classification : Diffusion libre.

A) Introduction

Le projet “Novus Nodus” avait permis la création de la ville d’Ejira dans un lieu idéalement situé.

La ville fût présentée à l’époque comme un  important projet d’investissement immobilier visant les habitants de Tananarive, capitale de l’ancienne République de Madagascar.

La clientèle visée était issue des classes moyennes et aisées qui souhaitaient investir dans une résidence secondaire sécurisée, à l’abri des troubles politiques et surtout des péripéties des forces de sécurité malgaches foncièrement corrompues et traîtres (en 2009, l’armée, la police et la gendarmerie après s’être illustré par leur impuissance/complicité face à l’insécurité commirent un coup d’Etat contre le Président démocratiquement élu en 2009).

Cette “sélection” de population sur critères sociaux permit une meilleure “représentativité”, une meilleure stabilité et surtout une meilleure gouvernance des institutions politiques locales car ces personnes n’avaient pas comme obsession l’argent mais bien le souci de vivre en sécurité et en toute tranquilité.

B) La Charte Citoyenne de 2010

La “Charte Citoyenne de 2010″ établissait les bases de la conduite à tenir par les habitants de la Cité. Prêter serment à cette charte était une condition obligatoire pour avoir devenir citoyen de cette ville.

Voici son contenu:

  1. Le/la citoyen(ne) devra faire passer la pérennité de la ville et de ses habitants avant toute conviction politique et/ou religieuse.
  2. Le/la citoyen(ne) reconnaît le principe des libertés individuelles dans les limites fixées par la Loi.
  3. Le/la citoyen(ne) s’engage à respecter l’ordre public, à privilégier le dialogue en cas de conflits.
  4. Le/la citoyen(ne) s’interdira de faire de ses opinions politiques sur les faits locaux, nationaux ou internationaux, un motif à la créations de troubles.
  5. Le/la citoyen(ne) s’engage à suivre une formation qui le rendra apte à défendre sa ville en cas d’agressions extérieures ou intérieures.
  6. Le/la citoyen(ne) s’engage à faire abstraction de toute conviction religieuse ou morale qui lui interdirait de prendre les armes pour défendre la ville.
  7. Le/la citoyen(ne) est invité à participer à la vie publique de la ville pour aider son fonctionnement et son développement.
  8. Tout citoyen(ne) n’acceptant pas ou contrevenant à cette charte sera immédiatement exclu de la ville.

Outre cette charte qui fût le préalable à la Constitution Anésienne, la ville était semblable, du moins en apparence aux autres villes.

C) Une organisation politique à double face

En apparence, il y avait un Conseil Municipal, en dissimulé, c’était déjà le Sénat.

En apparence, il y avait un Maire et ses adjoints, en dissimulé, c’était déjà le Gouvernement.

Ainsi, avec l’indépendance de notre République par rapport à la République de Madagascar, les institutions “souterraines” furent officialisées et constituèrent les “Institutions Politiques de la République d’Anésia”

  1. Le Gouvernement possède le pouvoir exécutif. Il est dirigé par le Premier Ministre. Ce dernier est désigné par le(s) parti(s) majoritaire(s) au Sénat. Le Premier Ministre est chargé de désigner les membres du Gouvernement. Ces nominations doivent êtres approuvées par le Sénat.
  2. Le Sénat possède le pouvoir législatif. Il est élu au suffrage universel direct, le(s) parti(s) majoritaire(s) nomment  “Le Chancelier” qui dirige le Sénat. Le(s) parti(s) minoritaire(s) nomment “Le Questeur”, chargé de la vérification des Finances de la République et véritable contre-pouvoir.
  3. La Cour Suprême possède le pouvoir législatif. Elle est constituée de magistrats dont les deux tiers sont sont désignés par le Sénat, le Gouvernement, le Conseil aux Médias et  l’autre tiers par rotation aléatoire parmi les magistrats. La Cour Suprême se prononce sur la validité des lois, arrêtés, décisions, nominations. Elle a également vocation au Conseil sur l’amélioration des lois. Elle est compétente pour juger les “hautes personnalités“.
  4. Le Conseil aux Médias possède le pouvoir de la presse. Les membres sont désignés pareillement que pour la Cour Suprême mais parmi l’ensemble des professionnels et personnalités des médias (TV, Radio, Internet, Blogging….). Durant leur mandat, ils quittent toute activité en rapport avec les médias et ne peuvent la pratiquer un an après la fin de leur mandat. Le Conseil aux Médias est chargé de se prononcer sur les dérives et limites des médias.

Ce sont les institutions “Républicaines” chargées de la “gestion civile” du pays. Le Gouvernement dirige la “Police Républicaine d’Anésia” pour assurer la sécurité des institutions, de la population et des biens jusqu’à un certain stade.

En effet, il a été adopté un schéma original pour la gestion des “fonctions de souveraineté”, des “fonctions régaliennes”.

D) L’Elysium

Anésia avait décidé d’instaurer une Royauté chargée de l’exercice des fonctions de souveraineté pour une meilleure stabilité face aux alternances politiques.

C’est ainsi que fût créée, Elysium, la ville Royale et Commandement de l’EDF (Elysium Defense Forces), les forces armées de la République Royale d’Anésia.

Le concept était celui ci : la Noblesse était constituée par ceux qui s’étaientt illustrés par faits d’armes, pour des prouesses dans les domaines scientifiques, culturels, sociaux, politiques ou économiques.

La Noblesse était ainsi méritocratique et constituait l’élite du pays. Cette noblesse n’était pas transmissible automatiquement, la descendance devait également “faire ses preuves” avant d’obtenir ses titres pour éviter une noblesse décadente.

Mis à part le titre, les Nobles avaient autant de droits et d’obligations que les autres citoyens de la République. Ils pouvaient ainsi siéger aux institutions républicaines.

Le Roi d’Anésia nomme ses “Chevaliers” parmi les Nobles, ces Chevaliers forment le “Conseil d’Elysium”, composé comme suit :

Le Premier Chevalier est “Grand Commandeur de l’EDF” et “Ministre de la Défense auprès du Gouvernement”. (ARMEE)

Le Second Chevalier est “Grand Ambassadeur du Roi” et “Ministre des Affaires Étrangères auprès du Gouvernement”. (DIPLOMATIE)

Le Troisième Chevalier est “Le Trésorier Royal” chargé de la gestion de la Banque Royale qui émet la monnaie et conservait les devises du pays. (MONNAIE)

Le Quatrième Chevalier est “Secrétaire du Roi” et “Intendant d’Elysium”. Il est chargé de l’administration d’Elysium.

Le Cinquième Chevalier est le “Commandant de la Garde Royale” chargé de protéger le Roi et sa famille.

Lors de son décès ou de sa déchéance, le Conseil d’Elysium est chargé de proposer le nouveau roi parmi la famille royale, à défaut la noblesse, après diverses “épreuves” (détaillé dans un autre cours)

Le Sénat et la Population par vote approuvent cette proposition.


E) CONCLUSION

Ce cours vient de vous instruires à l’organisation politique de la République Royale d’Anésia.

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Les motivations de Tabula Rasa avaient été exposées mais concrètement que signifiait “couper la chaîne avec le boulet” ?

La solution qui nous paraissait la plus réalisable tant sur le plan économique, technique que politique fût la création du “Novus Nodus” que nous appelâmes couramment plus tard : le Node.

Novus Nodus signifiait nouveau noeud. Noeud au sens anglo-saxon de hub (carrefour).

Nous voulions créer une ville nouvelle reliés aux différents pôles de croissance tant nationaux (Tanà, Ehoala, Moramanga…) que internationaux (Dubäi, Singapour, Port-Louis, Afrique du Sud…).

Une mégapole connectée aux autres mégapoles et mégalopoles mondiales.

Ces connexions étaient la clé d’un développement rapide, de progrès technologiques. De même cela illustrait parfaitement les principes des progressistes.

Nous avions observé que les villes-pays qui s’étaient  orientées dans une stratégie de développement en hub international avaient connu une croissance fulgurante  à l’image de Singapour et Dubaï. Il était inutile de réinventer la roue.

Il fallait donc s’improviser urbanistes et promoteurs immobiliers pour  répondre à la question suivante :

Comment créer une ville de toutes pièces ?

Nous avions suivi des formations en aménagement, nous sommes procurés toutes sortes d’ouvrages sur le sujet et avons même utilisé des jeux-vidéos tels que CivilizationCity Life ou le plus classique Sim City dans ce but. Il faut dire que les algorithmes et principes de ces jeux étaient basés sur des théories et concepts de sociologie et d’urbanisme assez poussés malgré la facilité de maniement du jeu.

Pour créer une ville nouvelle, il fallait tout d’abord identifier et définir ce qu’on appelle : le site et la situation.

Le site s’entendait en terme profane par “lieu géographique” : où devait se situer le lieu d’implantation, ses caractéristiques physiques (relief, climat…). La situation était le statut de la localisation du site par rapport à quelque chose (facade maritime etc…)

Nos critères étaient déjà définis par la notion de node, pour les connexions nationales il nous fallait être reliés aux grandes villes malgaches et des pôles de croissance et pour les connexions internationales à la mer.

Une ville proche de Tanà, la capitale nous aurait certainement facilité les choses mais la crise socio-politique de 2002 nous avait appris que Tanà était vulnérable dans son ravitaillement car elle n’avait pas d’accès à la mer.

Ainsi, lorsque les barrages furent érigés coupant l’accès vers Tamatave premier port du pays, l’économie fût dévastée. A l’époque également les ports secondaires comme Majunga ou Tuléar n’étaient pas assez développés et présentaient toujours le risque d’être “coupés” de la capitale en cas de crise politique notamment empreinte de conflit ethnique.

S’imposait alors le critère que le lieu d’implantation devait obligatoirement avoir un accès à la mer, une façade maritime pour éviter l’isolement.

Trois sites potentiels d’implantation furent identifiés :

  1. La Baie de Narinda, au Nord-Ouest près de la ville de Majunga
  2. La Région de Vatomandry, à l’Est de Madagascar.
  3. La Région de Soalala, à l’Ouest de Madagascar.

Le premier site fût abandonné, les régions environnantes étaient trop peu développés (infrastructures routières faibles, ressources naturelles non exploitées…) et de l’autre, le site avait déjà été choisi par les Sud-Coréens de Daewoo Logistics comme lieu d’implantation à leur propre projet de ville nouvelle.

Même problème pour le troisième site car il devait être exploité plus tard par le Groupe Indien Tata en partenariat avec Galana pour l’extraction du gisement de fer.

Le site de Vatomandry fut donc choisi pour ses avantages :

  • Façade maritime nous permettant d’imaginer la création d’un port tourné vers l’Asie, l’Océan Indien, l’Europe et le Moyen-Orient ainsi qu’un aéroport.
  • Proximité avec la Capitale : à seulement 300 km sur une route bitumée et en bon état, le site était attractif pour les tananariviens qui souhaitaient y acquérir une résidence secondaire ou principale.
  • Proximité avec le port de Tamatave : permettant de faciliter l’acheminement des matières premières et machines-outils nécessaires à la construction de la ville
  • Proximité avec le projet Dynatec : permettant une clientèle potentielle de futurs résidents parmi les employés du projet.
  • Eau, Soleil et terres fertiles à gogo : pas de contrainte hydrique ou de problèmes graves pour les cultures.

Le lieu d’implantation du Novis Nodus était décidé : Vatomandry.

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Les études préalables au projet “Tabula Rasa” débutèrent au milieu de l’année 2009.

Ceux qui rejoignirent le projet avaient tous la même question “c’est quoi en fait Tabula Rasa ?”

  • Faire exploser des têtes thermonucléaires et éradiquer la population  ?
  • Instaurer un Grand Reïch à la sauce malgache ?
  • Infiltrer les institutions en vue de fomenter une conspiration pour dominer l’Océan Indien et le monde ?

Rien de tout cela, Tabula Rasa était une solution radicale mais non violente. Cela rendait les choses plus simples. De tout façon, nous savions que d’autres organisations travaillaient déjà à ces scénarios.

Tabula Rasa partait du principe que le faible développement de Madagascar avait une origine disons “mathusienne”.

Quand on croisait les données de croissance de la richesse (PIB) et de la répartition de la richesse (PIB par tête), on se rendait compte qu’il y avait bien création de richesse, qu’il y avait bien une croissance, mais que la redistribution se faisait mal avec pour conséquence un pouvoir d’achat en baisse malgré la croissance.

La Dualité VW Touareg contre 4mi était une confirmation évidente pour ceux qui voulaient croire à la conclusion populiste que :

Les riches s’enrichissaient et les pauvres s’appauvrissaient

Ce n’était pas le véritable problème.

Le problème c’est qu’à Madagascar, il y avait un moteur de l’économie, un moteur de la croissance. C’est la classe aisée et la classe intermédiaire (professions libérales, cadres….).

Or, ce moteur se traînait un immense boulet représentant plus de 70% de la population totale. Soixante dix pour cents de pauvres.

La redistribution de la richesse avait pour but de réduire les inégalités en vue de préserver “la paix sociale”. En clair, donner des trucs aux pauvres pour que ces derniers évitent de piller les moins pauvres. Vu la crise de 2009, ce système ne fonctionnait pas trop.

C’est là que les choses se corsent : d’une part les prélèvements obligatoires sur le “moteur” était systématiquement détournés, particulièrement dans des dépenses ostentatoires et des éléphants blancs.

D’autre part, le “zava-bita” était interprété par “le boulet” comme un droit absolu (écoles, hôpitaux, routes) sans aucune contrepartie alors que c’était le moteur qui finançait tout ça.

Cette mentalité “j’ai des droits mais pas d’obligation”, “la route payée par les autres mais squattée par ma charrette”, “izaho mahantra donc je fais ce que je veux”, “t’es riche donc tu payes pour moi” était exaspérante et à l’origine de cette dualité entre une société moyenâgeuse qui ne voulait pas avancer et qui tirait même la société moderne vers le bas.

De maigres connaissances en sociologie et en démographie suffisent à savoir que “les pauvres ont tendance à faire plus d’enfants alors que les riches eux ont tendance à en faire moins”. Il était donc facile de deviner que la croissance démographique (environ plus de 5% par an) concernait majoritairement les pauvres.

Au final, ça donnait un boulet qui croissait plus vite que le moteur.

Dans ces conditions la redistribution paraissait quasiment impossible, c’était comme demander à un moteur de berline 1,4 litres de tirer un porte chars de plusieurs dizaines de tonnes.

“Plus on est de fous et moins y avait de riz.”

Vous aviez l’explication de pourquoi un pays comme l’île Maurice, au départ plus pauvre que nous à son indépendance, mais avec une population stabilisée à un million d’habitants a pu accéder au statut de pays développé.

Tandis que de l’autre côté notre pays et sa dizaine de millions d’âmes avait plongé dans le classement des pays les plus pauvres du monde.

Il fallait donc couper la chaîne qui nous maintenait à ce boulet. C’était le but, l’origine de Tabula Rasa : couper les liens avec le “boulet” pour nous hisser parmi les pays développés, que nos descendants aient un pays prospère où vivre en sécurité.

Mana Tree

Partir loin de ce pays et vite.

Ce fut la première action, la première pensée qui me vint à l’esprit en 2009 lorsqu’une nouvelle crise socio-politique éclata au pays. On avait cru qu’on pouvait y échapper mais non. C’était un cycle et il semblait sans fin.

Plusieurs décennies après l’avoir prononcée, la phrase du Général continuait à se vérifier :

Madagascar est une terre d’avenir et le restera.

Il faut dire que la mentalité ambiante à l’origine de tous les maux faisait perdre tout espoir. Ceux qui voulaient fermer le pays au monde sous couvert de nationalisme et tirer ainsi le reste vers le bas accroissaient de plus en plus leur domination.

La malhonnêteté universelle source de toutes les corruptions tant publiques que privées avaient achevé nos espoirs de justice, de bonne gouvernance…tous ces beaux idéaux que l’on nous rabâchait pour mieux ne pas les appliquer.

Voilà pourquoi je voulais partir…et je n’étais pas le seul à penser ainsi.

Partir paraissait alors la meilleure solution mais cela avait un inconvénient de taille : où que j’aille je serais toujours un étranger ou un citoyen de seconde zone. Le pays d’arrivée ne serait jamais “mon” pays.

Et puis je me disais toujours :

On fait ce qu’on peut avec ce qu’on a.

Il fallait donc faire avec ce que j’avais, le pays qu’on m’avait donné.

C’était manichéen mais je pouvais classer grossièrement la population en deux catégories : ceux qui voulaient le progrès, partisans de l’ouverture à l’international, créateurs d’entreprises, soucieux de bien faire leur travail, de s’améliorer par la formation, qui croyaient à une concurrence si elle était saine et équitable.

C’étaient les progressistes.


Et puis il y avait ceux qui croyaient toujours que :

L’argent ça tombait du ciel et qu’il fallait juste ouvrir la gueule ou tendre la main pour en avoir.

Ceux qui voulaient fermer le pays pour asseoir leurs monopoles, qui ne supportaient pas que l’un soit plus riche que l’autre, les habitués aux magouilles foireuses “bizna” et qui se sont servis de l’État comme vache à lait.

C’étaient les parasites.


Malheureusement, les “parasites” étaient l’espèce majoritaire et nous nous voyions mal, nous les progressistes les affronter. Ils avaient parasité de manière profonde et durable l’appareil d’État particulièrement ceux relatifs à la sécurité.

La sécurité, parlons-en justement.  C’est une des choses qui nous a fait avancer dans notre raisonnement en 2009. Les pillages et le climat d’insécurité dus à la crise nous avait mené à cette réflexion :

Bordel de merde, à quoi servaient nos impôts ?

Les policiers étaient forts bien payés, plutôt bien équipés et recevaient nombre “d’extras” en échange de services (garde de stations services, soutien aux procédures d’évictions…), les autres forces de sécurité n’étaient pas en reste.

Une des fonctions régaliennes du “contrat social” n’avait pas été respecté : nous payions nos impôts pour payer la solde et les armes de ceux qui sont censés nous protéger mais ces derniers ne l’ont pas fait. Préférant monnayer leur interventions aux gens les plus fortunés, abandonnant le citoyen et l’entrepreneur lambda à son sort.

L’intervention de la brigade armée de la SADC suivie des forces françaises de l’opération “Pégase” nous avaient confirmé dans l’idée que “nos forces de sécurité étaient merdiques et qu’on payait pour des parasites qui ne foutaient rien.”

Le laxisme et la malhonnêteté y étaient pour beaucoup : le niveau de recrutement était minable. L’armée et la police tenaient plus de l’assistance sociale ou du Club Waïkiki que de forces professionnelles dédiées à la sécurité. Bien sûr on recrutait par népotisme (copains-copains) ce qui ne relevait certainement pas le niveau.

Leurs collègues de la Justice, une autre fonction régalienne également étaient tout aussi corrompus. L’on pouvait aller en prison parce que l’on a tué un voleur qui s’est introduit chez soi ou l’on pouvait perdre un procès et devoir payer de l’argent à quelqu’un qui nous en devait !

Vivre dans un pays où toutes les fonctions régaliennes, les fonctions de “base” de tout État étaient gangrenées, parasitées devenait de plus ne plus insupportable. D’autant que nous étions les rares personnes à nous acquitter de nos obligations socio-contractuelles : le paiement de la dîme.

Que faire alors ?

  • Déparasiter le système ? Trop long et trop difficile à ce niveau d’infection.
  • Se débarrasser des parasites ? La bienveillante Communauté Internationale nous aurait sitôt  accusés de génocide.

Non, c’était la gangrène, il fallait donc amputer et reprendre à zéro sur des bases saines.

C’est ainsi que nous avions décidé de mettre en place le projet

“Tabula Rasa” (table rase).