Ndimby nous livre, une fois de plus, une analyse très intéressante dans son dernier article “Merina et côtiers“. Il y parle notamment de l’éducation face au sujet ethnique :

Il faut reconnaitre que sous la colonisation, et même durant la première République, certaines régions comme celles d’Antananarivo ou de Fianarantsoa ont été favorisées par le système éducatif. (…)

Ce système centralisé hérité de la Colonisation créera une asymétrie entre Antananarivo et les provinces, ce qui privilégiait les habitants de la Capitale, et donc, surtout les personnes qui en étaient originaires. (…)

Cette inégalité de chance d’accès à l’instruction allait se ressentir dans la formation de ce qu’on appelle pompeusement « les élites », aussi bien dans le domaine politique, économique, qu’intellectuel.(…)

Pour Ndimby, il existerait donc une inégalité des chances entretenue sous la colonisation et qui expliquerait que les élites malgaches soient plus “merinas” que côtières. J’ai un autre point de vue sur la situation, beaucoup plus proche de la vérité mais politiquement beaucoup moins correct.

Il y a deux ans, en 2007, j’avais publié sur Madanight un texte extrait d’un livre que j’ai déniché à Ambohijatovo (rip Haja) intitulé : «  Dialogues Français – Sakalava » traduits par A.DANDOUA (1924) – Bulletin de l’Académie Malgache – Nouvelle Série – Tome VII – Années 1922-1923  - page 52.

Ce texte de propagande de l’administration coloniale française nous permet surtout de savoir qu’elle était la “vision” des colons français sur la question ethnique malgache et sur leur politique éducative.

Pour le contexte, il s’agit d’un discours de propagande pour “pousser les sakalava à aller à l’école car ils n’y étaient pas très enclins afin de contrer les ambaniandro (merina) qui, eux, étaient eux plus enclins à aller s’instruire et donc à réussir”.

Version française

Il faut que tous vos enfants aillent à l’école, aussi bien les garçons que les filles.  

Il faut envoyer tous vos enfants à l’école.  

Les filles apprendront à coudre, à raccommoder leurs vêtements déchirés et à les rapiécer.  

Elles apprendront à tailler et à coudre leurs vêtements, ceux de leur mari et de leurs enfants.  

Elles apprendront à tenir leur maison propre et en ordre, à bien préparer leurs repas, à bien soigner leurs enfants.  

Les garçons étudieront pour devenir fonctionnaires, et ainsi il n’y aura plus de fonctionnaires ambaniandro qui vous commanderont. 

Le Gouvernement désirerait avoir des fonctionnaires sakalava pour vous administrer, des médecins sakalava pour vous soigner, des interprètes sakalava pour traduire vos paroles, des sages-femmes sakalava expertes pour assister vos femmes, car vous ne voulez pas être assistés par des Ambaniandro, mais il n’y en a pas parmi vous.  

Il n’y a ni jeunes gens ni jeunes filles suffisamment instruits pour qu’on leur confie ces fonctions. 

Alors on vous fait administrer par des Ambaniandro, des Betsileo, des Antaimoro, des Betsimisaraka, car, dans ces tribus, on aime étudier, on aime à adopter celles de nos coutumes qui semblent bonnes.  

Obligez donc vos enfants à s’instruire pour qu’il n’y ait plus d’Ambaniandro qui vous commandent. 

N’ayez aucune crainte d’envoyer vos enfants étudier pendant trois à Analalava, car, là encore, ils sont en pays sakalava, en pays des Maroseranana, où commandait Tondroko, parent de Tsiaraso et de Binao vos anciens rois.  

Si vous suivez mes conseils, vous prouverez que vous êtes intelligents, que vous êtes toujours du nombre des tribus puissantes de Madagascar et que vous n’avez jamais été inférieurs aux Ambaniandro. 

Souvenez-vous bien que vous étiez autrefois plus puissants que ceux des Ambaniandro, qu’Andrimandisoarivo, qui régna sur toute la côte ouest, fut toujours en lutte contre les Ambaniandro. 

Vous vous souvenez qu’Andriamamelonarivo (Ravahiny) ne voulut jamais reconnaître la suzeraineté d’Andrinampoinimerina. 

Mais ensuite les Européens montèrent à Tananarive et instruisirent les Ambaniandro

Ils obligèrent les enfants à aller à l’école et cela rendit les Ambaniandro plus puissants.  

Les Sakalava, pendant ce temps, ne pensaient qu’à voler des bœufs, voler des femmes et des enfants ; ils ne songeaient pas à envoyer leurs enfants à l’école, et, finalement, les Ambaniandro vous foulèrent aux pieds.  

Les Ambaniandro envahirent votre pays, occupèrent Anoratsangana, Ambodimadiro, l’Ankarana.  

Et pourtant vous êtes des hommes comme eux, vous êtes aussi intelligents qu’eux. 

Aujourd’hui on ne peut plus lutter contre avec le sagaie, avec le fusil, on ne peut mesurer ses forces ; il n’y a que des luttes d’intelligence, sur le terrain des études pour s’instruire autant qu’eux et même d’avantage si c’est possible.  

Pour cela il n’y a qu’un moyen, c’est d’envoyer vos enfants à l’école. 

Et lorsque nous verrons que vous êtes décidés à envoyer vos enfants à l’école, nous en augmenterons le nombre parmi vous.  

Retenez donc bien mes conseils car ce sont les paroles du gouvernement, qui sont dictées par l’intérêt que je porte aux Sakalava que je ne voudrais pas voir inférieurs aux Ambaniandro. 

Et quand vous les aurez bien entendues, rapportez-les à vos parents, répétez-les à vous amis et à tous ceux qui n’ont pas pu venir ici, car elles sont vraies et dites dans votre intérêt.  

Elles sont dites pour vous ces paroles et dans l’intérêt de vos enfants. Qu’elles soient dans votre tête, gardez-les dans votre sommeil comme à votre réveille, aussi précieusement que votre escarcelle.

Version malagasy ici.

Outre qu’on aie un exemple éloquent dans ce texte de la politique coloniale du “diviser pour mieux régner”, on constate surtout que l’administrateur colonial avait vraiment envie de donner toutes leurs chances aux sakalava et naturellement aux autre peuplades “côtières” afin que ces derniers s’instruisent et occupent à leur tour les hauts emplois de l’Etat, les métiers prestigieux.

Après tout, priviliégier les mérinas, leurs “ennemis naturels” n’était absolument pas l’intérêt des français…mais ils devaient faire tourner la colonie avec les moyens du bord, donc avec les mérinas.

Il est donc clair que l’Administration coloniale n’a pas pu “maintenir” une inégalité des chances, au contraire, elle a tout fait pour équilibrer les chances des côtiers avec celles des merina, voire même d’après le texte, de favoriser les côtiers.

L’égalité des chances était là…maintenant pourquoi on a la situation actuelle ? Il faudrait peut être se rendre à l’évidence…

Si, (i) un siècle après cette politique incitative des françaisvisant à éduquer les populations côtières, (ii) 40 ans après des politiques éducatives menées par des Présidents “côtiers” et (iii) 7 ans après la politique éducative “ouverte” sur tout le pays (car plus de crédits :p) de l’administration de Ravalomanana… on constate en 2009 qu’il n’y a pas eu grands résultats…Il faudrait peut être arrêter de se voiler la face, non ?

L’évidence qu’il n’y a pas de déshérités ou d’inégaux de chances, pas plus qu’il n’y aurait désequilibre dans les moyens (infrastructures, professeurs).

L’évidence c’est qu’il y a peut être bien un facteur “ethno-culturel” qui veut que certaines tribus fassent l’impasse sur l’éducation. Qu’ils ne souhaitent pas apprendre, ou qu’ils ne peuvent pas apprendre. S’ils n’en voient pas l’intérêt et préférent vaquer à d’autres occupations, pourquoi les forcer ?

Bref, moi, après avoir étudié le sujet, et sans verser dans les discours supériorialistes, j’en suis arrivé au même point de vue que beaucoup d’étrangers qui ont habité et étudié le pays : si les merinas sont là où ils sont, c’est parce qu’ils s’en donnent les moyens.

Parler d’inégalité de chances, de l’impérieuse nécessité de faire de la “répartition ethnique”, non, pas d’accord.

Dans une vraie République, la méritocratie doit primer, on doit être là où l’on doit être pour son talent, pas grâce à sa naissance.

Ceux à Madagascar, et quelque soit leur origine ethnique, qui on passé leur vie à glander et fumer de la beuh et qui viennent se plaindre qu’ils ont droit à un seza juste parce qu’ils sont originaires de telle région moi je dis non.

Ce n’est purement et simplement que de la victimisation de leur part et une instrumentalisation de la question ethnique.

Quand aujourd’hui, au sein des armées, au sein des institutions de la République on ose lancer des discours comme : “nos chefs doivent être élus par nous mêmes et on veut un côtier, un point c’est tout” je me dis qu’on a vraiment atteint le fond du trou.

Andry Rajoelina a triomphé, il a tué la République avec sa Démocratie “par le peuple, pour le peuple” interprétée  stricto sensu par des gens trop contents de pouvoir accéder à des responsabilités sans avoir ce qu’il faut pour, et sur simple critère ethnique.

Aller faire de la soi-disante répartition ethnique des postes, ce n’est pas faire de la République ou de la Démocratie, c’est faire du “Fanjakana Baroho”.

24 Responses to “Inégalité des chances ou victimisation ?”

  1. RJ Says:

    “nos chefs doivent être élus par nous mêmes et on veut un côtier, un point c’est tout”

    Cette reflexion est très très grave…
    L’armée, c’est le maillon de la nation…
    Il a fallu que ce tgv arrive au pouvoir pour que notre pays et notre armée puissent tomber aussi bàs…
    Vous voulez assister aux défilés militaires le 26 Juin

    Moi? non….

  2. Madagascan Says:

    Sujet O combien délicat.

    La litterature colonialiste est souvent très choquante. J’ai eu plaisir à lire un certain nombre des ouvrages publiés dans la bibliothèque virtuelle de Pierre Maury, et force est de constater l’incroyable décalage entre les mentalités actuelles et celles de l’époque.

    Mon avis, et je comprend qu’il ne soit pas forcément partagé, est que le colon a avant tout exploité l’antagonie existante entre les cotiers et les merina. Et particulièrement entre les Sakalava et les Merina. Mais comme le dit maladroitement l’extrait que tu as posté, effectivement, le royaume Sakalava n’a jamais réellement accepté la monarchie Merina. Le clivage était largement pré-existant à la colonisation.

    Je n’aurai pas le courage de retrouver précisemment l’extrait, mais je me souviens d’un texte de la bibliothèque de Pierre Maury, qui faisait dire en substance au colon: Les Merina sont supérieurs aux Sakalava, il leur en faudrait peu pour être de fidèles aides aux colons, mais malheureusement, leur “fourberie” ne nous permet pas d’en faire des alliés fidèles.

    Je l’ai déjà écrit dans le passé, le fait que le colon français se soit allié aux royaumes cotiers n’est qu’une alliance de circonstance. C’est avant tout une position anti-britannique, plus qu’anti-merina. Manipuler l’opprimé pour mettre l’oppresseur dehors, c’est un grand classique (y compris en 2009). C’est ce qu’il s’est passé au XIX siècle. Les peuples des côtes, malmenés par le royaume Merina qui tentait de s’imposer partout, on fait d’excellents alliés pour les colons qui voulaient dégommer la monarchie merina, et (surtout?) les anglais qui tournaient autour avec leur religion de mécréants.

    Concernant l’éducation, je pense que la centralisation à la Française n’a pas permis de réaliser la promesse que le colon faisait aux Sakalava dans le texte que tu cites.
    La réalité est que l’unique école de médecine a été créée à … Tanà, l’unique fac de droit à.. .Tanà… etc…
    De façon générale, le colon a fait de nombreuses promesses aux cotiers, qu’ils n’ont jamais tenues. Si on cherche bien, il se peut qu’il ait même promis une 4L pour chacun ;)

    Maintenant, j’ai une théorie très personnelle sur la capacité des peuples à évoluer. Je pense que nous sommes tous foncièrement fénéants. Et que nous sommes poussés à évoluer seulement sous la contrainte. Contraintes liées à notre environnement le plus souvent.
    J’ai autour de moi des gens qui ont plus ou moins bien réussi dans la vie. Et il me semble que ceux qui ont le mieux réussi sont ceux qui avaient quelque chose à prouver. Des gens qui ont un environnement qui les pousse à prouver des choses. Par exemple j’ai un ami, fondateur et directeur d’une boite de 300 personnes, dont le grand père était coupeur de cannes. Ascension sociale, voilà son moteur. J’en connais un autre qui se booste à la réussite de son grand frère, qu’il veut à tout prix dépasser.
    Au niveau d’un peuple, je pense que c’est pareil. Un peuple qui a à sa disposition tous les éléments pour vivre sans effort, ne cherchera pas à se développer. Le peuple qui vit dans un environnement moins favorable trouvera des moyens de subsister malgré tout, et développera cette capacité à dépasser ses limites.
    Mon avis est donc que ce n’est pas la personne en tant que telle qui est en cause, mais son environnement.

    • njnb Says:

      Madagascan,

      Comme tu dois le savoir, à l’époque coloniale, les étudiants qu’ils côtiers ou merinas suivaient quasiment tous le même schéma : village paumé (collège), grande ville (lycée), capitale (université), métropole (études supérieures, stage).
      Ainsi mon paternel par exemple -comme beaucoup de ses pairs- a commencé dans un village pauvre des hautes-terres, intégré en internat les bancs d’un certain lycée et a fini son cursus académique à Paris.
      Il n’avait pas un rond en poche, il ne devait cette ascencion qu’à ses résultats scolaires et comme tu le sais
      la République française est très stricte avec tout ce qui est examen et concours. Objectif méritocratie.

      Or, tu me parles d’infrastructure, même si les grandes écoles malgaches étaient situées à Tanà, tous les provinciaux (et il y en a eu beaucoup puisqu’il y a pas mal de côtiers qui ont aussi fini leurs études en France comme mon vieux) étaient invités à les intégrer…si ils réussissaient les concours naturellement.

      Seulement à la sortie, y a plus de merinas que de côtiers et ça c’est juste une question de résultats académiques alors quet tout le monde est parti quasiment sur le même pied d’égalité.
      Alors quand on vient me parler de “déshérités” je pense que c’est un excuse pour cacher de la médiocrité académique mais obtenir quand même un seza.

      Il y a des mérinas qui réussissent et des mérinas qui échouent. Il y a des côtiers qui réussissent et des côtiers qui échouent.
      Mais ceux qui échouent ne doivent pas brandir le critère ethnique ou de la “discrimination positive” pour essayer de compenser leur nullité.

      Ainsi je ne pense pas que des côtiers vont accepter quelqu’un qui a fait son deug en six ans s’il vient dire “mba ‘meo seza aho fa merina aho ry k***ty o!” (filez mon un poste parce que je suis merina bande de ***)

      • Madagascan Says:

        Il y a malgré tout un facteur de distance. Un étudiant qui a de la famille à Tanà pourra plus facilement poursuivre ses études dans la capitale que celui qui se retrouve isolé.

        En France, j’ai connu beaucoup de personnes qui ont préféré faire des études dans leur région, quitte à obtenir un diplôme moins prestigieux, que d’aller à Paris, peut-être par peur de s’éloigner de leur environnement familier (et familial). Et pourtant, parmis eux certains auraient eu largement la capacité.

        C’est tout à l’honneur de ton père d’avoir su saisir sa chance. Et, là, je te rejoins, il a fait la différence par ses capacités d’une part, et par sa volonté d’autre part.

        Tout ce que je dis, c’est que la centralisation demande aux personnes habitant hors de la capitale, un effort de volonté (et à Madagascar souvent un effort économique) supérieur aux personnes de la capitale pour accéder aux formations supérieures.

        C’est un problème de volonté, pas forcément de capacités, et c’est en cela que c’est dommage.

        Et on revient sur ma théorie (peut-être fumeuse) de la capacité à dépasser son confort pour progresser. Quand on n’est pas habitué à souffrir, on a du mal à fournir l’effort.

        Bref, je ne m’appitoye pas sur ces pauvres côtiers spoliés par les méchants merina. Ce que je dis, c’est que la centralisation fait qu’il faut qu’ils se sortent un peu plus le doigt du c… que les autres, et que c’est pas forcément une chose habituelle.

  3. neil Says:

    madagascan>>

    je me pose juste la question pourquoi on en est arrivé à la problématique du “une seule fac de médecine à tana…”

    si ce n’est qu’une injustice artificielle que le pouvoir colonial a voulu inculquer dans la mentalité des gens qui vivent et sont originaires d ailleurs qu’antananarivo

    faisons ensemble le tour du monde des capitales.
    Qu est ce qu on y trouve dans les capitales des autres pays (développés ou non)?

    les plus importantes institutions (parlement, universités, les centres d affaires,…)

    Ce qui nous parait normal…..cependant…..pas normal du tout….à Madagasikara!! tssssssss

    L’éducation en est le principal remède disent les bien pensants

    Oui mille fois oui!!

    Mais voilà des têtes pleines seront toujours plus en nombre que des têtes faites…au pays en particulièrement

    • Madagascan Says:

      neil,
      ce qui est “normal” en France, pas forcément ailleurs. La France à toujours eu une politique très centralisatrice. Et elle a reproduit le schéma dans ses colonies.

      Si tu prends l’Allemagne par exemple, il n’y a pas d’effet centralisateur. Les meilleures universités ne sont pas à Berlin ou à Bonn (ancienne capitale), mais à Munich, Constance, Fribourg, Karlsruhe…

      Les USA, pareil. Les meilleures universités ne sont pas concentrées à Washington. Harvard, MIT (Massachussets), Stanford, Berkeley (Californie), Columbia U (Columbia), Princeton (New Jersey), Yale (Connecticut)…

      Donc, non, la centralisation n’est pas normale. C’est un défaut français, reproduit à Madagascar.

      • stéph Says:

        Je ne suis pas du tout d’accord avec Madagascan sur la normalité ou non de la centralisation à Madagascar.

        Certes la centralisation est presque toujours le résultat d’une volonté politique, mais je pense que l’état malgache – du moins l’état merina – était centralisateur bien avant l’arrivée des français.

        Et plus encore, c’est dans l’inconscient profond malagasy de centraliser, à des degrés divers.

        Est ce un hasard si des anciens ont choisi de se poser au centre d’une île aussi vaste, alors qu’il n’y avait ni lieu de passage, ni un noeud entre différents pôles côtiers ? C’est un cas unique, sans justification apparente à part les grandes étendues cultivables, mais il y’en a, bien plus accessibles, à Mahajanga, Morondava…

        Ailleurs, à part les villes nouvelles comme Brazilia, les capitales se sont construites près des voies de navigation naturelles, près des routes commerciales…

        Alors si tout se trouve à Tana, c’est parce que c’est dans la nature des choses.
        Après, vouloir faire des “Tana bis” à Toliara ou Toamasina, c’est de la politique politicienne !

  4. Alidera A.R Says:

    njnb,
    Je ne peut qu’être d’accord… c’est à peu près le même discours que j’ai mis comme commentaire à l’article de Ndimby.

    A Madagascan,

    1- “Les peuples des côtes, malmenés par le royaume Merina qui tentait de s’imposer partout…”

    Effectivement, je confirme et je ne peux qu’être d’accord sur ton propos si je n’avais lu que des ouvrages écrits par les français… je t’invite à lire des ouvrages écrits par les norvégiens, suisses et même de l’autre allemende qui a beaucoup collaboré avec la France.

    2- “Mais comme le dit maladroitement l’extrait que tu as posté, effectivement, le royaume Sakalava n’a jamais réellement accepté la monarchie Merina.”

    Parmi les aristocrates, que tu qualifierais donc de Merina, il y a les Andriamahazonoro qui sont originaires de Vangaindrano-Vohipeno (d’où, l’intérêt de certaines famille à la monarchie “Merina” comme les Marson quand ils se veulent rassambleurs!!!)…
    Un autre cas, c’est celui des frères Rahaniraka et Raombana dont le grand-père (si je me souviens bien) était l’équivalent d’un Général dans l’armée Sakalava et qu’Andrianampoinimerina a annobli pour occuper la même fonction dans son armée…
    Monarchie Merina ou Monarchie Malagasy?

    Qu’est-ce qui a conduit à la perte du père de Rasalimo? si ce n’est son intérêt de trouver la paix et de vivre ensemble avec son frère Merina sans forcément penser à une quelconque soumission et/ou forme d’infériorité!!!

    3- “Le clivage était largement pré-existant à la colonisation.

    Je l’ai déjà écrit dans le passé, le fait que le colon français se soit allié aux royaumes cotiers n’est qu’une alliance de circonstance. C’est avant tout une position anti-britannique, plus qu’anti-merina.”

    Je ne suis pas sûr de comprendre, faut-il se rappeler qu’en 1895 les britanniques n’étaient plus là? et pourtant il y avait bien une alliance franco-sakalava… certains sakalava qui, pour une raison ou une autre (surtout pour leurs business d’esclaves), n’ont jamais voulu des Merina…

    4- “Concernant l’éducation, je pense que la centralisation à la Française n’a pas permis de réaliser la promesse que le colon faisait aux Sakalava dans le texte que tu cites.
    La réalité est que l’unique école de médecine a été créée à … Tanà, l’unique fac de droit à.. .Tanà… etc…
    De façon générale, le colon a fait de nombreuses promesses aux cotiers, qu’ils n’ont jamais tenues. ”

    Fais nous un état des lieux des écoles qui ont du fermer faute de clients… sans parler d’autres problèmes!!!

    5- “Si on cherche bien, il se peut qu’il ait même promis une 4L pour chacun.”

    La réponse est dans ton propre post , je cite “…Je pense que nous sommes tous foncièrement fénéants…” N’est-ce pas facile de prendre un raccourci? mais la plupart du temps, on perd des informations en route. Mais, la fainéantise nous invite à prendre un raccourci, et de penser que tout peut se gagner gratuitement… une question de logique, comment faire pour que 3 à 4 millions de foyers puissent disposer gratuitement d’un 4L chacun?

    L’environnement est une excuse non valable sauf si on parle dans un contexte socio-culturel.

    • Madagascan Says:

      Alidera, merci pour ces éclaircissements.
      Effectivement toute généralisation amène toujours à trouver un contre exemple (ie les frères Rahaniraka et Raombana).

      Concernant l’influence anglo-saxonne, elle était loin d’avoir disparue en 1895!

      J’ai malgré tout du mal à comprendre ta dernière phrase “L’environnement est une excuse non valable sauf si on parle dans un contexte socio-culturel.”

      L’environnement inclut naturellement le contexte socio-culturel.

  5. Mailaka Says:

    Je suis tout à fait tout à fait d’accord avec la notion d’environnement que Madagascan avance. J’ai vécu dans une région de Madagascar où le manioc, les patates douces et autres produits tropicaux poussent sans trop d’efforts de la part des cultivateurs. Le manioc, par exemple, peut être récoltés après six mois sans trop de travail de la terre; les gens ne se soucient pas d’en planter assez pour leur consommation. Sur les hauts plateaux il faut labourer fort et attendre deux ans pour que les plantes produisent. Évidemment, ces derniers semblent se débrouiller mieux que les autres. Le manioc n’est qu’un exemple, mais le cas illustre bien l’influence de l’environnement sur le comportement des gens.

  6. mariane Says:

    mais poiro ah!t@ ianao nanao any ireny nataonao ireny ve nieritreritra ianao hoe any aoriana any raha tafitako ny baolina dia angataka pardon amiko ireo olona nataoko tsinotsinona ireo dia ho hamela ve ianao

    TEL QUE JE TE CONNAIS ET DEPUIS LE TEMPS QUE TU AGISSAIS EN FAVEUR ET CEUX DE TES PROCHES JAMAIS ET JAMAIS TU AURAIS PENSE A CE MOT PARDON

    ET POURQUOI MAINTENANT TU REVENDIQUE TANT CE PARDON OU BIEN SERAIT UN PARDON COMME ON DIT SOUVENT UN PARDON DE RAMERINA REHAFA VITA NY ATAO VAO MIALA TSINY

    C’EST ACTE PRÉMÉDITE DONC NON REVENDICABLE

    ALORS TON PARDON TU PEUX LE METTRE LA OU JE LE PENSE ET GARDE LE PRÉCIEUSEMENT AU FOND .

    PERSONNE N’EST AUSSI DUPE QUE TU LE CROIS

    C’EST DE LA QUE NAISSE LA HAINE ET CETTE HAINE EST IMPARDONNABLE

    TON EGO EST TROP IMPRESSIONNANT QUE TON RAISONNEMENT N’EST PLUS RATIONNEL

  7. stéph Says:

    Certes les français ont basé leur domination en exacerbant les rivalités ht-plateaux / côtiers.

    Mais on ne peut pas leur reprocher d’avoir “poussé l’instruction des côtiers”.

    Car le contraire aurait été beaucoup plus néfaste pour la nation globalement.

    Et il faut continuer à “pousser pour un nivellement vers le haut”.
    Sauf, à considérer que ht-plateaux et côtiers n’ont pas le même objectif, donc pas d’intérêt commun, donc rien à faire dans la même nation.

    La question est par quel moyen. Car la méritocratie est indispensable pour une société saine mais la méritocratie seule n’est pas acceptable par ceux qui n’ont pas eu le temps de se “niveler par le haut”.

    Je pense à des modèles de quotas avec des tutelles, ou des binômes pour diriger les sociétés, c’est à dire de la discrimination positive, plus concrête et efficace que notre fihavanana vidé de sens aujourd’hui.

    Sans cela, sans volonté dans ce sens, on ne fait que remettre le problème à plus tard.

    • Madagascan Says:

      [quote]Et il faut continuer à “pousser pour un nivellement vers le haut”.
      Sauf, à considérer que ht-plateaux et côtiers n’ont pas le même objectif, donc pas d’intérêt commun, donc rien à faire dans la même nation.[/quote]

      Remarque intéressante. C’est incroyable comme beaucoup de sujets finissent par deboucher sur la même suspicion d’objectifs différents (voire contradictoires) qui expliquerait l’absence de réelle nation malagasy.

      • stéph Says:

        Je me pose la question: Quel est le fondement de la nation malagasy ? Les malagasy ont ils CHOISIS de vivre ensemble ou pas ?
        Oui si on pense qu’au fonds les ancêtres ont tous parcourus des milliers de kms et traversés les mers pour former cette nation et y rester.
        Et non si on souligne que l’identité d’une nation, c’est la frontière qu’elle dessine elle-même.

  8. mena Says:

    J’ai longuement réfléchi sur le problème “MERINAS /COTIERS”, par contre j’ai beaucoup lu les solutions avancées par les uns et par les autres, avec mes 60berges sur ma tete, je vous développe le fruit de mon humble réflexion:

    - d’abord qq éléments de mon CV:origine betsileo, né à TAMATAVE ayant vécu dans cette ville jusqu’à 18 ans, 3ans à la fac à TANA, ensuite 12 ans de PARIS ,marié à une vezo que j’ai rencontrée à PARIS, un don du ciel; voila pour le décor
    - de grace , parlons des choses que nous maitrisons,que nous sentons , que nous portons dans nos tripes
    - lorsque j’aborde ce type de sujet je pense toujours à un type que je trouve visionnaire, ce n’est pas VICTOR HUGO mais un enfant de notre terroir” ny ranomasina no valamparihiko”
    -nous adorons tous ce mada, mais lorqu’il s’agit de résoudre ses problèmes , nous faisons appel aux étrangers
    qui s’en foutent du sort de notre peuple, mais pourquoi sommes nous comme ça MON DIEU?
    - pour moi cotiers et merinas , c comme les HAUTS et les BAS à la REUNION, comme les montagnards et les citadins , ça n’a jamais posé des problèmes en EUROPE mais chez nous c’est attisé par les francais pour nous diviser

    -

    • Feng Chou Says:

      Quand on ne veut plus de son chien, on l’accuse d’avoir la rage.
      A Mada quand quoique ce soit ne marche pas (ou ne marche plus) c’est la faute des français.
      Tout comme en France quand la météo n’est pas bonne c’est la faute du gouvernement.

      Vous qui avez souffert le martyre pendant 12 ans a Paris, 12 années terminées par la cata de la rencontre avec une fille…
      :-) vous ne devez pas ignorer le diction : aides-toi, le ciel t’aidera.

      Mais ça fait plaisir de voir quelle puissance vous accordez à la France, qui 50 ans après est encore capable de diviser les malgaches entre eux !

      Cessez donc de chialer sur votre sort !
      Prenez exemple sur la Papa de NJ !
      Sur lui et tous les autres malgaches qui ne pleurnichent pas, mais qui agissent en tout bien tout honneur.
      Et ceux-la on n’en parle

      • elman Says:

        mouais mais bon, 50 ans après, la chataignette qui se précipite dans le premier avion à ambotsirohitra ça fait mauvais genre quand même… donc la colonisation terminée il y a 50 ans, il n’y a que ceux qui veulent bien y croire qui y croient. Après il y a les autres qui remarquent que ladite colonisation a pris une autre forme, moins visible mais tout aussi pernicieuse : accaparement des industries qui marchent, banques, telecoms, etc.

        … et autre chose qui n’a pas changé : la France qui prend la matière première et qui essaye de refourguer ses produits finis.

  9. stéph Says:

    Elman,
    Ce n’est pas propre à la France.
    N’importe quel Etat pousse son industrie et tous les Etats qui le peuvent en profitent quand le contexte le permet.

    Le pb c’est que le complexe d’une certaine élite malagasy, trouve encore son écho dans certains milieux français et continue à entretenir une relation néocoloniale.

    Ra8 a l’immense mérite d’avoir rompu avec cette vision (par son origine et par sa réussite), tout en restant pragmatique. Il n’a pas jeté le bébé avec l’eau du bain. D’ailleurs Ra8 est le meilleur exemple de l’ascenseur social, idéal français par excellence.

    A mon avis il n’y a rien à gagner à attaquer la France “officielle”. Elle s’est “rangée” derrière la légalité par la voix de ses plus hauts responsables. Les officines qui agissent en sous main sont intouchables puisque “non officielles” et bien malin sera celui qui prouvera un lien.

    Visiblement, penser et dire qu’il y’ a un lien ne suffit pas à convaincre la SADC et les USA à passer à l’action.
    Je pense que la solution vient de l’intérieur et de la capacité des légalistes à se faire entendre par tous moyens.

    • neil Says:

      je partage l’avis que tu exprimes dans ton dernier paragraphe!!

      quand on a affaire à des fourbes mais intelligents (entendez les officines qui agissent dans l ombre),

      et d un, faudra se montrer plus intelligents
      et saupoudrer tout ceci d’une bonne dose de fourberie également

      prendre l adversaire par son propre jeu malsain

  10. neil Says:

    madagascan,

    les institutions majeures d’une nation ne se limitent pas aux universités il me semble

    Harvard, comme tu le cites, est la plus ancienne sinon la plus prestigieuse des universités US situées dans l état du Massachussets.

    Cambridge, où l’on a posée les premières pierres de cette fameuse université, se situe près de Boston

    Boston, avant l indépedance était la capitale économique, culturelle et politique de la nouvelle angleterre ainsi constituée

    Et l on connait l histoire de la démultiplication des universités US dans d’autres Etats qui montaient en puissance au niveau industriel

    Les nations comme les US et l Allemagne ont tout simplement opté pour le régime fédéral non pas pour des motifs ethniques mais plutôt pour la vision politico économique qui était la leur

    Ainsi, les institutions majeures (pour reprendre l’exemple des USA, mais on peut très bien considérer toutes les régions du monde), que tu te situes en Europe ou ailleurs ont été bâties dans les capitales

    La FMI et la Banque Mondiale sont localisées à Washington

    La Banque du Japon se trouve à Tokyo

    La Bundestag se situe à Berlin

    La Haute Cour, le parlement et le gouvernement australien sont localisé à Canberra. Le National Gallery of Australia ou encore la National Museum Of Australia se trouvent à Canberra également. L’Australian Broadcasting Corporation (l équivalent de la BBC ou de CNN en quelque sorte) s y trouve aussi.

    Enfin pour reparler d’université, une des deux plus importantes de toute la contrée: l’Australian National University se trouve également à Canberra
    Les ministères de tout gouvernement sont localisés dans la capitale

    Pourtant c est des anglos saxons (loin d être français en tout cas) mais le centralisme était présente aussi

    Et l’on peut continuer à faire ainsi le tour du monde

    • Madagascan Says:

      ok donc c’est la centralisation partout.
      Et…? A part ne pas être d’accord sur ce point, tu veux en venir où?

      • neil Says:

        madagascan,

        et où je veux en venir?

        je te cite:

        “neil,
        ce qui est “normal” en France, pas forcément ailleurs. La France à toujours eu une politique très centralisatrice. Et elle a reproduit le schéma dans ses colonies.”

        Malheureusement, le qualificatif de “normal” que j ai utilisé dans mon premier post ne faisait en aucun cas référence à la France.

        Voilà où je voulais en venir?

        Parce que malheureusement pour moi, mon champ de vision ne se limite pas à l Europe, encore moins à la France ou encore les seuls USA

        tout comme le tien j’imagine bien

  11. njnb Says:

    Madagascan,
    Mon paternel n’avait pas de famille à Tana et était orphelin dès son plus jeune âge…
    Il a effectué la quasi-totalité de ses études en internat, aucun support familial, surtout financier.

    Il était logé à la même enseigne que les étudiants qui seraient venus de la côte.
    Comme tu dis, c’est une question de volonté mais tout le monde est sur la même ligne de départ et à l’arrivée il ne faut pas pleurer si on a pas pu tenir la distance.

  12. Madagascan Says:

    NJ, je trouve que l’exemple de ton paternel illustre parfaitement ma théorie. J’ai toujours beaucoup d’admiration pour les gens qui ont su se jouer de la “fatalité” et construire leur propre réussite par leur courage.


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