…un peu de sociologie malgache

L’exercice du jour relève du domaine de la sociologie, socio’ pour les “hmm connaisseurs”, une science humaine et sociale dont on se fiche éperdument à Madagascar.

L’économie étant la seule discipline “valable” pour notre chère intelligentsia.

L’économie, noble science il est vrai, est souvent au coeur des débats dits “intellectuels” à Madagascar : PIB, Inflation, IDE… sns anana sy votaby.

Il y a d’ailleurs une branche en particulier qui intéresse nos économistes et nos intellectuels : l’économie du développement.

Cette dernière pour résumer (Mister Shadow me pardonnera le raccourci) analyse les modèles et théories de développement avec évidemment une dimension “recommandations”.

Cette branche de l’économie aspire à répondre à cette question : “comment un pays se développe-t-il ?”

Même si j’ai un semblant de réponse à cette question, mon objectif n’est pas d’y répondre. Par contre, là où j’aimerais attirer l’attention c’est en ce qui concerne l’éternel volet “réalités locales”.

Dans les bases du marketing on vous apprend que selon les sociétés, les besoins et les demandes diffèrent.

Un modèle de développement copié-collé sur l’Europe Occidentale ou l’Asie a peu de chances d’aboutir. Il faut l’adapter.

Mais pour adapter ce modèle à la société à laquelle il est destiné, il faut comprendre cette société et surtout comprendre ses maillons qui la composent : les individus.

Dans notre cas, la société c’est la société malgache et les individus ce sont les malgaches. Nous allons donc nous livrer à de la sociologie bête et méchante.

Au lycée déjà, je m’amusais lors de pauses à scruter mon entourage, je m’essayais au profiling : en observant une personne j’essaiyais de deviner sa personnalité, son profil. Beaucoup d’entre-vous on sûrement déjà dû s’y essayer.

Je les analysais, je les classais : frimeurs, salopes, drogués, asociaux, intellosj’en arrivais même à savoir en étudiant leur comportement ceux qui allaient redoubler… et je me trompais rarement à ce jeu-là.

Aujourd’hui je dois donc émettre un jugement sur “ze malgache”, je me suis particulièrement intéressé à la “population active” (ceux qui travaillent dans le formel, l’informel ou le service public)

De là j’ai dégagé 3 traits de caractères fondamentaux du “malgache type” :

  • l’intelligence mesquine
  • la technicité scolaire
  • manque d’imagination

1) L’intelligence mesquine

Les malgaches ne sont pas forcément cons. Certains ont fait des grandes écoles et universités étrangères (Polytechnique, Sciences-Po, ENA, ENS, Columbia, Harvard…).

Comment expliquer alors la misère de ce pays ?

Comment les élites de ce pays qui devaient être les sauveurs se retrouvent les prédateurs ?

La réponse à ces questions réside dans le concept d’intelligence mesquine.

Le full CSS l’intelligence mesquine c’est quoi ?

C’est cette manie qu’à le malgache dès qu’il est moins stupide que la moyenne d’utiliser ce semblant d’intelligence à des fins malhonnêtes.

Je cite par exemple le cas du très célèbre Pierrot R. surnommé à une époque “Monsieur 10%”.

Ce sobriquet remontre à l’ère socialiste. A l’époque, on souhaitait limiter les importations, le gouvernement avait alors instauré des “licences d’importation” obligatoires pour les entreprises importatrices afin de mieux contrôler et limiter lesdites importations.

“Mon ami” haut technicien, était alors responsable de la délivrance de ces licences. Malheureusement comme il était atteint de l’intelligence mesquine, il demandait 10% pour délivrer ces licences…d’où son surnom :)

Plus récemment, au niveau des douanes, une imprimerie qui s’est arrogé le monopole de l’impression de certains documents administratifs avait décidé une augmentation unilatérale de ses tarifs de 500% pénalisant ainsi tous les transitaires et faisant peser une menace d’inflation fulgurante. L’entreprise sous les pressions, a du revoir ses tarifs à la baisse. Ici c’est une illustration de l’intelligence mesquine du secteur privé.

Détournements de fonds, délits d’initiés, détournement de la loi pour faciliter l’écoulement de ses produits, spéculation et surstockage abusifs… oui le malgache sait utiliser son intelligence pour faire tout ça…mais pas pour faire des projets solides et à peu près honnêtes.

L’intelligence mesquine en gros c’est cette manie du malgache de vouloir “enculer son prochain” ou utiliser son intelligence à des fins malhonnêtes.

2) Technicité scolaire & imagination inexistante

Le malgache et la technicité c’est n’est pas une tradition, c’est une institution.

Le malgache aime la technique, il aime tous ces acronymes bien techniques que seuls les initiés peuvent comprendre (IBS, FASR, DSRP, MPRDAT..) bref il aime avoir la plus grosse…technicité.

Seulement, en général c’est une technicité scolaire, c’est-à-dire qu’ils ont généralement cette habitude héritée du système éducatif malgache, de la société malgache : apprendre par coeur et recracher.

Le malgache dit souvent qu’il sait tout faire mais il suffit de le pousser un peu, de lui demander de s’adapter, de l’interroger sur les bases de sa discipline et on s’aperçoit vite sa technicité n’est que de l’esbroufe.

(en vocabulaire technicien on appelle cela un “péteux”)

Couplée donc à cette technicité scolaire, il y a un manque d’imagination flagrant, un manque de créativité.

Cela se voit particulièrement au niveau des “recherches de solutions” : biocarburants, pile à combustible, ces technologies ont en parle depuis des dizaines d’années mais parmi nos techniciens on ne s’est jamais dit “allez, on lance un plan biocarburant, on met le paquet dessus”.

Pourquoi ? Parce qu’il n’y avait pas de financements de bailleurs sur de tels projets donc pas de marchés publics donc pas de 4×4 + villas…

On retombe donc sur l’intelligence mesquine.

Je viens donc de vous résumer les principales sources d’incompétence qui gangrènent ce pays et qui handicapent le “développement” sinon le progrès… et cela sans faire appel à de l’économie du développement.

On dit que le développement c’est avant tout “un changement de mentalité”.

On ne peut que s’esclaffer de rire quand on nous ressort le vieux crédo du “fihavanana” et de “l’intérêt général supérieur de la collectivité sur l’individu” alors qu’on s’entretue pour des histoires amour, gloire et beauté.

On ne peut qu’avoir peur lorsqu’on nous dit que le fokonolona et le fokontany seront à la base du développement quand on sait comment les fokolonona vous lynchent publiquement dans des conflits fonciers.

Ce n’est pas en puissant dans la “tradition” et les concepts obsolètes qu’on trouvera la recette miracle du développement.

C’est dans le changement de mentalité de la société malgache, dans la modernisation de cette dernière, dans la “rupture” avec le traditionnel qu’il faut travailler.

Et j’ai donné les quelques traits de mentalité sur lesquels il faudrait plancher….

Le Japon, la Chine l’on fait (le changement de mentalité)… je ne dirais pas “pourquoi pas nous ?” je dirais “nous devons le faire”.

One Response to “Le malgache : intelligence mesquine, technicité scolaire et manque d’imagination”

  1. neil Says:

    rien à rajouter sauf que ce tu synthétises de manière complète sur la psychosociologie malagasy est flagrante de vérité

    cet examen de conscience est un exercice très compliqué pour nous, question de réputation…euh pardon de paraitre oblige!!

    ce changement de mentalité ô combien salvateur, à “nos” yeux, sera amorcé par ce genre de support, relayé par d autres à diffusion plus ciblée, pour atterrir ultimement dans les cellules familiales où tout se façonne finalement.

    Persévérance devra étre un réel état d esprit pour résister à l’épreuve du temps, des révolutions technologiques et sociales et des intérêtes!


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